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Jeu, Jui

Hôtel Sietho de Dimbokro/Un joyau architectural de l’Etat devenu le refuge des bandits de grand chemin

Tourisme
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Il y a de cela cinq ans, des études ont montré que le coût de réhabilitation est estimé à 700 millions de Fcfa.


L’hôtel ‘’la Renaissance’’, géré par l’ex-Sietho, de 1974 à 1984 et communément appelé hôtel Sietho est aujourd’hui en ruine. Ce joyau architectural confié à la mairie de Dimbokro en 1984 par l’Etat de Côte d’Ivoire, en attendant leur privatisation, n’a toujours pas connu un début de réhabilitation. Or Ce ne sont pas les initiatives qui manquent vu que la mairie, avec à sa tête Bilé Diéméléou Amon Gabriel, veut faire de Dimbokro une destination touristique, par excellence. En 2014 déjà, un cadre de collaboration de la mairie avec la Société de développement touristique de la Région des lacs (Sodertour-Lacs) avait suscité beaucoup d’espoir. Hélas, ce ne fut que de courte durée.

La noble initiative ayant buté sur des questions de droit. Gogoua Séry John Nazaire, responsable de la communication de cette structure a, en son temps dit que le retard dans le démarrage des travaux de réhabilitation de l’hôtel Sietho de Dimbokro est dû à l’absence de titre de propriété que la mairie devrait fournir à Sodertour-lacs :
« L’Etat a cédé cet hôtel à la mairie de Dimbokro avec qui nous devons conclure un contrat. Mais il se trouve que la mairie ne détient pas de titre de propriété sur l’édifice. C’est un document que nous attendons afin d’éviter d’être confrontés, tôt ou tard, à des problèmes de droit. Le titre de propriété est donc l’obstacle, sinon tout est prêt de notre côté » avait confié M. Gogoua Séry, joint par téléphone. Cinq années se sont écoulées et les choses sont toujours restées en l’état. Pour en savoir davantage, nous l’avons joint à nouveau le 19 mars de l’année en cours et par téléphone. Il s’est voulu peu bavard et a tout juste fait remarquer qu’aucune activité n’a pu démarrer : « C’était un cadre de collaboration entre la mairie de Dimbokro et Sodertour-Lacs. Mais jusqu’à ce jour les choses n’ont pu évoluer et je ne peux en dire plus. Il revient aux hauts responsables de notre structure de se prononcer » a-t-i affirmé.

Du côté de la mairie, on est plus que préoccupé par cette réhabilitation : « Quand nous avons commencé notre premier mandat, nous avons entrepris des démarches avec Sodertour-lacs. Nous avions pensé que l’acte de rétrocession de l’hôtel était suffisant pour le démarrage des travaux or, il fallait l’acte de propriété. Dans ce sens, nous avons entrepris des démarches pour l’obtenir pourvu que nous trouvions un liquidateur » a déclaré le maire, Bilé Diéméléou. Avant d’ajouter que lors des négociations avec Sodertour-lacs il y a de cela cinq ans, après des études, le coût de réhabilitation était estimé à 700 millions de FCFA. Mais il reste convaincu que les réalités ont changé vu les années écoulées : « Sans toutefois avoir rompu les contacts avec Sodertour-lacs, nous sommes aussi en contact avec une structure française. Mais s’il y a des Bailleurs de Fonds capable de nous aider, nous débuterons les travaux de réhabilitation », a déclaré le premier magistrat de la commune qui est à son second mandat. Il regrette que la mairie ne puisse pas, elle-même, procéder à la réhabilitation compte tenu de ses ‘’moyens financiers limités’’. Au cours des échanges à son cabinet, le maire a émis le vœu de la reprise des activités de l’hôtel   : « Vous savez que le tourisme  appelle les visiteurs. Nous nourrissons donc de l’espoir pour le démarrage des activités de l’hôtel ‘’la Renaissance’’, dans un prompt délai » a-t-il souhaité.

Cette somptueuse bâtisse à deux niveaux, un hôtel de haut standing de 30 chambres et classé 3 étoiles, malgré son état de délabrement, résiste encore au temps. Par son architecture, elle continue d’exhiber sa décoration murale extérieure inspirée des symboles du terroir. A l’entrée de l’hôtel à gauche, il y a un terrain de basket et de tennis, tous deux envahis par la broussaille. Au sein de l’hôtel, où tout a été pratiquement pillé, on trouve les traces de toutes les commodités d’un grand hôtel : piscine, salle des fêtes, night-club, mini zoo et un lac aux caïmans (les animaux transférés au zoo d’Abidjan). En attendant que ce site fasse la fierté de la cité du bonheur partagé, ce joyau est devenu, malheureusement, le refuge des bandits de grand chemin.
E. ZOUHOMAN