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Dim, Mar

Société

Pour Quentin Wodon, économiste et auteur principal du Rapport, il faut retarder l’âge du mariage et de la première grossesse et renforcer la richesse du capital humain.


Le Groupe de la Banque mondiale a publié à l’approche de la journée mondiale de la femme, un nouveau Rapport intitulé ‘’les femmes, l’entreprise et le droit 2019 : une décennie de reformes.’’ Ce rapport est basé sur les données collectées pendant dix ans dans 187 économies analysées en fonction de huit indicateurs : les déplacements, l’accès à l’emploi, la rémunération, le mariage, la maternité, la gestion d’entreprises, la gestion d’actifs, les prestations de retraite.Selon la directrice principale pour l’égalité  hommes-femmes, Caren Grown, ce rapport s’appuie sur des recherches qui ont montré à quel point les écarts de salaire entre les hommes et les femmes constituent un frein puissant à l’expression du potentiel économique des pays. Elle croit qu’il faut des mesures pour redistribuer et rééquilibrer la prise en charge au sein des familles. Aussi faut-il constituer un vivier de talents afin de favoriser le rattrapage des femmes en termes d’emploi et d’entrepreneuriat et faire évoluer surtout les lois et les normes sociales qui limitent les capacités d’expression des filles et des femmes. C’est ce qui pourra améliorer, à son avis, les perspectives de rémunération des femmes pendant leur vie professionnelle. Cette amélioration procurerait un dividende de 172 000 milliards de dollars à l’économie mondiale. Le rapport salue néanmoins les avancées obtenues au niveau de l’égalité des sexes. Dans six pays, cette inclusion financière totale des femmes est une réalité. Ce sont la Belgique, le Danemark, la France, la Lettonie, le Luxembourg et la Suède qui ont obtenu la note maximale de 100.

Ces pays reconnaissent les mêmes droits aux femmes et aux hommes dans les domaines analysés. Ce qui montre que cela n’est pas impossible. Mais le constat général dans les autres pays est que les femmes ne bénéficient que de ¾ des droits reconnus aux hommes, donc une note de 74,71/100. Cette étude lie les obstacles juridiques majeurs de cette inclusion financière à l’emploi de celles-ci et la création de leurs propres entreprises, puis la prise de décisions économiques les plus adaptées pour elles et leurs familles. Pour Kristalina Georgieva, présidente par intérim du Groupe de la Banque mondiale, Si on pouvait leur permettre d’exprimer tout leur potentiel, le monde serait à la fois plus équitable et plus prospère. Il y a donc une nécessité urgente, à en croire la présidente par intérim du Groupe de la Banque, de démanteler les barrières qui obstruent leur avancée. Cela demande de la volonté politique et la convergence des efforts des gouvernements, de la société civile et des organisations internationales, pour accompagner les processus de réformes juridiques et réglementaires. Selon Quentin Wodon, économiste et auteur principal du rapport, ‘’il faut investir de manière à créer des opportunités pour les filles et les femmes tout au long de leur vie, retarder l’âge du mariage et de la première grossesse et renforcer la richesse du capital humain.’’ Le Groupe de la Banque mondiale apporte son grain sel, en actionnant plusieurs leviers qui sont l’élimination des législations discriminatoires, l’investissement visant à combler l’écart entre les sexes, l’amélioration de l’accès aux financements pour les entrepreneures et l’intensification des mesures de prévention contre les violences dirigées contre elles.


La Côte d’ivoire a obtenu une note de 78,13. Selon la déclaration de la présidente du Conseil national des Droits de l’homme (Cndh), Namizata Sangaré, il y a encore des difficultés sur le plan social, culturel, économique et politique. Elles sont aussi la cible de diverses formes de discriminations et de violences dans les lieux privés et publics. L’Etat a pris des dispositions, notamment l’adoption de la Loi n°2019-574 portant Code Pénal qui punit des cas de violences basées sur le genre (Vbg) et en définit les infractions et les sanctions correspondantes, ainsi que l’adoption de la Loi n° 2019-870 du 14 octobre 2019 favorisant la représentation de la femme dans les assemblées élues. En outre, l’Etat a fait valider un nouveau plan d’actions pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité de l’Onu et par le renforcement des bureaux d’accueil Genre dans les commissariats et gendarmerie de Côte d’Ivoire afin de garantir l’égalité homme-femme.
Mais cette égalité n’est vraiment pas garantie, observe la présidente du Cndh. Elle est à ses yeux encore insuffisante ainsi que la représentation des femmes dans les instances de prise de décisions. Les violences persistent en dépit des lois adoptées. Ces défis doivent être relevés. Pour elle, le Gouvernement doit favoriser la mise en place de programmes spécifiques pour faciliter l’autonomisation des femmes et intensifier ses actions pour la protection des femmes victimes de violences ; sans oublier l’engagement des Organisations de la Société Civile pour des actions contre les discriminations à l’égard des femmes.
                                                                                                            Franck TAGOUYA
Source: banquemondiale.org