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Mer, Fév

Société

A quelques mètres du cantonnement des peulhs, trois personnes en poste devant le camp, sans aucun échange, ouvrent le feu en direction de la délégation villageoise.

La cohabitation populations autochtones du village d'agnéré koffikro, dans la sous-préfecture d'Abigui dans le département de Dimbokro et éleveurs peulh n'est plus au beau fixe. Des éleveurs peulh sont accusés d'avoir fait usage de leurs armes, le 16 janvier, en l'occurrence des calibres 12 et tiré sur trois jeunes agriculteurs du village d'agnéré koffikro. Transportés d'urgence au Chr où ils ont été pris en charge, leur vie n'est pas en danger. Suite à cet incident que les populations villageoises qualifient de " trop", elles ont unanimement décidé de ne plus recevoir ces éleveurs sur leur terre.
Ce qui a mis le feu aux poudres.

Selon des informations de source sécuritaire, les faits se sont déroulés dans l'après-midi du jeudi 16 janvier 2020. Ce jour-là, deux jeunes agriculteurs d'agnéré koffikro se sont rendus au champ pour arroser leur jardin de tomates quand ils aperçoivent, avec étonnement, un éleveur peulh avec un fusil calibre 12. Sans perdre de temps, ils rebroussent chemin pour informer le chef du village. Ce dernier se laisse tantôt envahir par un doute vu que dans la matinée de ce 16 janvier, il a reçu le porte-parole des éleveurs peulh à son domicile pour régler cette " affaire " de ce que des éleveurs peulh sont aperçus munis de calibre 12. Au cours de leur entretien, le porte-parole des éleveurs peulh a nié en bloc l'accusation des villageois qu'il aurait qualifié d'allégations mensongère. " Jamais mes hommes ne portent d'armes à feu. Ce sont des éleveurs et ils n'ont que leur bâton qui leur permet de conduire les troupeaux ", aurait-il affirmé. L'équivoque étant levée, ce dernier repart tranquillement. Pour se rassurer de ce qui lui vient d'être rapporté à nouveau, le chef adjoint aux deux autres un groupe de jeunes.
Les peulhs ouvrent le feu sans sommation.

Ceux-ci reprennent le chemin du champ. Selon l'un des blessés, Konan koffi Lucien, que nous avons joint par téléphone, à quelques mètres du cantonnement des peulhs, trois personnes en poste devant le camp, sans aucun échange, ouvrent le feu en direction de la délégation villageoise. Trois parmi eux sont atteints. Ce sont N'guessan Yao Crespin, Konan Loukou Oscar et Konan Koffi Lucien. Le premier au flanc, le second à la jambe et le troisième au bras. Pris de panique, les villageois chargent les blessés et retournent au village. C'est la stupéfaction. Avec sagesse, le chef les dissuade de mener des actions de représailles susceptibles de provoquer des conséquences incalculables. Il les enjoint plutôt d’informer la gendarmerie. Informés, des éléments de la gendarmerie investissent les lieux. Les investigations permettent d'interpeller trois individus dont deux de la Société Grand nord Sécurité venus de Daloa et un chasseur dozo résidant à Bouaké.  Des sources proches de l’enquête préliminaire indiquent que ces trois individus ont été recrutées par un chef éleveur peulh qui se nommerait Dramera Bakary résidant à Dimbokro. C'est lui qui a payé les services de la Société Grand nord Sécurité et du chef dozo venu de Bouaké (centre du pays). Ils ont été conduit au parquet et placés sous mandat de dépôt le 24 janvier, aux fins de poursuite de l’enquête.

Pour le moment, la situation est calme dans la localité. Les villageois disent attendre la fin de l'enquête et le procès pour prendre leurs décisions. Pendant ce temps ils disent avoir saisi les autorités compétentes pour leur faire part de leur mécontentent et leur souhait de faire partir les éleveurs peulh de leur terre. La pratique de l'élevage des bœufs est très active dans le département de Dimbokro précisément à Nofou et Abigui. Mais la cohabitation entre peulh éleveurs et populations villageoises est souvent émaillée de crises et d’échauffourées, dues à la destruction des plantations des villageois par les bœufs des peulhs.

E. ZOUHOMAN