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Ven, Jan

Société

‘’Soro reconnait une seule déstabilisation, celle du 19 septembre 2002 pour le compte d’Alassane Ouattara’’.


Sale temps pour des ex-leaders de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) ; mouvement créé le 21 avril 1990 qui aura contribué, depuis, par des méthodes ‘’terroristes’’, à semer la guerre et la chienlit dans les écoles, collèges, lycées et Universités du pays. Il s’agit de Blé Goudé Charles et de Soro Kigbafory Guillaume. Le 1er a été condamné à Abidjan, le 30 décembre 2019, à 20 ans de prison et de 10 ans de privation de ses droits ; en plus d’un mandat d’arrêt. Le second contre qui est lancé un mandat d’arrêt international également, est poursuivi par Adou Adon Richard, Procureur de la République près le tribunal d’Abidjan-plateau pour ‘’présomption grave de tentative d’atteinte contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire, recel de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux’’ ; ce, depuis le 23 décembre 2019. Harangueur de foule sous le règne de l’ex-Président ivoirien, Laurent Gbagbo (2000-2010), dont il était un des chauds partisans, Charles Blé Goudé a été arrêté après la chute du régime et transféré à la Cour pénale internationale (Cpi), en même temps que son mentor, Laurent Gbagbo. Jugé et acquitté, il reste encore détenu au Pays Bas, loin de son pays qu’il aspire à diriger pourtant. Quant à Guillaume Soro, après son passage à la Fesci ponctué par des grèves incessantes et des casses multiples, il a atterri à la tête d’une rébellion le 18 septembre 2002, qui a coupé le pays en deux, des années durant. Fragilisant ainsi le régime de Laurent Gbagbo qui en a profité pour faire deux mandats en un.

A la suite d’innombrables Accords sans volonté politique réelle de les appliquer, l’élection présidentielle attendue depuis 2005, est organisée, enfin, en 2010, mais se solde par une guerre post-électorale entre les bénéficiaires du 1er coup d’Etat du pays qui a balayé le régime de Henri Konan Bédié, successeur du 1er Président Félix Houphouët-Boigny : Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Le bilan officiel fait état de 3000 morts. Pendant cette crise, les deux bras droits de la Fesci se retrouvent dans les deux blocs antagonistes : Guillaume Soro dans le camp d’Alassane Ouattara et Blé Goudé dans celui de Laurent Gbagbo. La victoire du camp Ouattara à la suite de la crise sera donc le début de l’ascension vers le trône de Guillaume Soro qui avait déjà occupé les postes de ministre de la Communication et de Premier ministre sous Laurent Gbagbo. De Premier ministre sous Alassane Ouattara, Soro devient Président de l’Assemblée nationale. Mais il redescendra de son piédestal suite à son refus d’adhérer au nouveau parti au pouvoir, le Rhdp (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix). Depuis, la guerre est déclarée entre le ‘’fils rebelle’’ et son mentor d’hier pour qui sa collaboratrice, Me Affousita Bamba-Lamine, déclare aujourd’hui : ‘’Soro reconnait une seule déstabilisation, celle du 19 septembre 2002 pour le compte d’Alassane Ouattara’’.

Entretemps, l’ancien chef rebelle a annoncé, depuis l’Hexagone, sa candidature pour l’élection présidentielle de 2020 et a même rencontré, en novembre dernier, Blé Goudé sur son lieu de détention, à la Haye (Pays Bas). Avec ces mandats d’arrêt et ces peines dont la perpétuité pour Soro, les ambitions présidentielles des deux fescistes qui ont fait la pluie et le beau temps en Côte d’Ivoire, ces dernières années, risquent d’être revues à la baisse. Quant à la Fesci, à l’image de l’école dans ce pays, elle est à l’agonie ou du moins, a abandonné, sous le coup de boutoir du pouvoir actuel, ces méthodes fascistes !

JEAN MICHAEL