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Mar, Mar

Mme Kandia Camara, de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle

Société

Il est temps que tous les acteurs trouvent des mesures pour désensorceler cet esprit.


Depuis le lundi 02 décembre matin, des élèves se sont signalés dans la commune de Koumassi, selon le rapport de police que le ministère a posté sur sa page Facebook. Des élevés venus d’autres établissement, ont envahi et perturbés, à 14heures, les cours dans plusieurs écoles dans la commune, pour exiger le départ anticipé pour les congés de Noël et du nouvel an prévus du 20 décembre 2019 au 06 janvier 2020. Les établissements visités sont les collèges Entente, ISG et Colombe et ont enregistrés des dégâts matériels. Cette pratique devient insidieusement une coutume dans le système scolaire ivoirien. Quand les dates du départ pour des congés approchent, ou des enseignants observent une grève, les élèves cassent tout ce qui est à leur portée, blessent ceux qui veulent continuer à apprendre. Ils envahissent les écoles avec des morceaux de bois, des pierres, des gourdins et autres marteaux. Souvent même des barres de fer, des couteaux. Pendant ces périodes, une journée qui s’achève sans perturbation, est une grande victoire pour avancer dans l’exécution des programmes. Les Forces de l’ordre n’ont toujours pas les moyens nécessaires pour les empêcher de troubler l’ordre public.

Trop souvent, c’est quand ces hors-la-loi ont fini de faire des dégâts matériels, physiques et moraux que leurs « collèges en uniforme » arrivent sur les lieux pour interpeller une poignée de personnes en tenues scolaires, comme c’est le cas ce 02 décembre 2019 à Koumassi où les éléments du commissariat du 36e arrondissement ont pu interpeller trois personnes, dont deux parmi eux disent fréquenter le Lycée Municipal de Marcory.  Chaque année, des établissements s’en sortent avec de grandes pertes. Des élèves sont marqués à vie physiquement et ou moralement par ces agresseurs. Les dégâts vont jusqu’aux tentatives de viol. L’an dernier, il s’en est fallu de peu que des jeunes filles d’un établissement d’une ville proche d’Abidjan soit violées, lors des mouvements de délogement pendant la grève des enseignants du public. N’eût été la providence divine qui a fait que l’un des « délogeurs » a été furtivement visité par la sagesse, en s’opposant vigoureusement à ses camarades.
Ceux qui payent le plus lourd tribut sont les élèves des petites classes, 5e et 6e surtout, qui perdent tous leurs affaires dans la furie. Les parents sont obligés de tout renouveler et ces derniers doivent se mettre à jour avant la rentrée. Du coup, ils ne peuvent plus profiter des congés. Il est temps que tous les acteurs trouvent des mesures pour désensorceler cet esprit de « délogeur » hors du système scolaire ivoirien.
                                                                                             
Franck TAGOUYA