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Ven, Aoû

Atelier du Cns/La population de Dimbokro dénonce les abus de pouvoir des hommes en armes

Société
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 Avec les crises successives de 2002 à 2011, avec son corollaire de morts, de destruction des biens et de déplacement massif des populations, " un climat de méfiance s'est installé".


Un atelier sur le dialogue socio-sécuritaire organisé par le Secrétariat du Conseil national de sécurité en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), s'est tenu à Dimbokro les 19 et 20 juillet à l'intention des forces de défense et sécurité et les leaders communautaires quant   au renforcement de la cohésion entre ces deux groupes. Au terme des travaux dirigés par le colonel Bouadi, conseiller défense auprès du Secrétariat du conseil national de sécurité et Peyogori Ouattara, expert en cohésion sociale au Pnud, il ressort que chaque partie doit assumer sa ‘’pleine’’ responsabilité. Il s'agit de traiter les informations avec célérité, diligence et en toute neutralité, de cultiver l'esprit de tolérance, de pardon et d'agir avec discernement en toute situation. Par ailleurs, Il est demandé aux populations d'aider les forces de sécurité à réussir leur mission de sécurisation du territoire et à leur tour de ne pas abuser de leur pouvoir.

Les participants sont repartis plein d'espoir que cette formation leur permettra d'aider leurs communautés à changer de comportement vis-à-vis des forces de sécurité. A l'ouverture de l'atelier, le premier adjoint au  maire, Nguessan Oka Clément, représentant le maire Bilé Diéméléou Amon Gabriel, a dit que l'installation du comité civilo-militaire (Ccm) de la region du N’zi vient à point nommé en vue de la consolidation de la cohésion sociale. Il fait le constat " amer" qu'avec les crises successives de 2002 à 2011 qu'a vécues la Côte d'Ivoire, avec son corollaire de morts, de destruction des biens et de déplacement massif des populations " un climat de méfiance s'est installé". Poursuivant, il a soutenu que les mutineries répétées des hommes en arme ont fini par exaspérer la population. Raison pour laquelle, dit-il, les forces de sécurité n'inspirent plus la crainte ni le respect et sont même banalisées ; créant ainsi la méfiance réciproque. Le préfet de Région par intérim, Nguessan Kouakou Germain, préfet de Kouassi kouassikro, a corroboré les propos de son prédécesseur.

Indiquant que " le reflet autrefois très mélioratif des hommes en tenue tend à s'effriter de plus en plus pour faire place à un climat de divorce consommé, sur fond de suspicion avec les populations qu'elle est supposée protéger". Les conséquences, explique-t-il, sont énormes : d'une part, les mouvements d'humeur des soldats avec pour résultats la paralysie de l'activité économique, les exactions et réprimandes ainsi que les bavures et d'autre part, le non-respect des Fds par les populations et la prise pour cibles des agents de sécurité. " C'est au vu de cette atmosphère de désolation qu'au lendemain de la crise post-électorale, l'Etat a entrepris un certain nombre de réforme en vue du rapprochement des Fds et des populations qui vise à rétablir et consolider le lien armée-nation et la confiance entre les forces de sécurité et la population" a-t-il conclu. Patrick Assi, ingénieur informaticien au secrétariat du Conseil national de sécurité a fait savoir qu'il urge donc cette réforme sécuritaire afin de rétablir la confiance entre forces de sécurité et population ; raison de la tenue de cet atelier. Et d'ajouter que cet atelier est basé sur la sécurité humaine et le système de sécurité dans lequel la population contribue à sa propre sécurité. Plusieurs thèmes ont meublé cet atelier de formation. Ce sont, entre autre, la réforme sur le secteur de la sécurité, la gestion et la prévention des conflits, les rapports entre Forces de défense, de sécurité et la population, la contribution de celles-ci, des paramilitaires et des leaders communautaires dans le processus électoral.

E. ZOUHOMAN