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Dim, Oct

Affrontements communautaires à Béoumi/Sidi Tiémoko Touré veut-il distraire la galerie ?

Société
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Au cours de ces affrontements occasionnant ces drames humains, les populations se sentent abandonnées par gouvernement.


‘’Toutes ces démarches ne se feront pas en dehors de la justice. Tous les auteurs, coauteurs, responsables de toute cette barbarie rendront compte devant les juridictions compétentes’’.
Propos lus sur la page Facebook de Sidi Tiémoko Touré, député de Béoumi, ministre de la Communication et des Médias, par ailleurs porte-parole du gouvernement. Il aurait tenu ces propos au cours d’une rencontre qui aurait eu lieu lundi 20 mai 2019. Ladite rencontre, à l’en croire, visait deux objectifs : faire l’état des lieux et recueillir des propositions et méthodes de sortie de crise.
 Celui-ci qui se félicite de l’accalmie à la suite des affrontements communautaires Baoulés-Malinkés qui ont fait 10 morts, 104 blessés et plus de 500 personnes victimes de dégâts matériels, informe de ce qui va être fait pour la paix définitive. Mais le discours peine à passer en ce qui concerne sa profession de foi : ‘’ Tous les auteurs, coauteurs, responsables de toute cette barbarie rendront compte devant les juridictions compétentes’’. Pour rappel :
 Du 30 mars au 1er avril 2019, un accident mortel énerve les populations qui mettent le marché central de Bin-Houyé (département de Zouan-Hounien), à sac avant de l’incendier.

Le 12 avril 2019, suite à l’agression d’un jeune abbey, Bedou Enoch, on assiste à des affrontements entre jeunes abbey et malinké faisant de nombreux blessés et des destructions de biens.
Du 11 au 13 avril 2019, un conflit oppose des jeunes abbey et malinké à N’douci au marché de cette localité pour le contrôle de fumoirs.

Le 14 mai 2019, les populations se soulèvent à Sipilou et saccagent des biens privés et publics, en représailles à une bavure policière qui a occasionné la mort d’un chauffeur de moto-taxi.
Le 18 mai 2019, un conflit foncier entre musulmans à Abengourou, vire à l’affrontement faisant des blessés graves.

Le mercredi 15 mai 2019, un violent affrontement entre les populations autochtones baoulé et allogènes malinké de Béoumi, ville située dans le centre de la Côte d’Ivoire, à 60 kilomètre de Bouaké, fait 10 morts, 104 blessés et de très nombreux dégâts matériels.
Ce, pour rappeler ces cas récents de ces drames humains où les populations se sont senties abandonnées par gouvernement et pire, où les coupables bénéficient d’une impunité totale.

De nos jours, c’est connu de tous, depuis bien d’années, les chauffeurs de gbakas, les gnambros (les syndicats qui pullulent dans le secteur du transport), les ‘’microbes’’ ou enfants en conflit avec la loi, des gens qui ne font pas partie des Forces de l’ordre… circulent avec des armes de tout acabit et agressent les populations en toute impunité. Au nez et à la barbe du gouvernement et des autorités militaires. Sur quoi se fonde donc Sidi Tiémoko Touré, député de Béoumi, ministre de la Communication et des Médias, par ailleurs porte-parole du gouvernement, pour annoncer des poursuites. Ce qui n’a jamais été fait auparavant et qui fait que les populations préfèrent se rendre justice car elles ne croient plus ni aux Forces de Défense et de Sécurité, ni à la justice. Pire le Commandant supérieur de la gendarmerie a annoncé récemment qu’il désarmera tous ceux qui ne devraient pas détenir des armes. Comme s’il n’est pas au courant des ‘’microbes’’ et des ‘’gnambros’’ Pendant ce temps, des villages sont parcourus à la recherche d’armes. Pourtant ceux qui ont sorti des machettes pour en faire usage dès le début des affrontements sont à Béoumi ville. Si pour une fois on veut désarmer, il faut le faire pour tout le monde.

La crise post-électorale est trop récente pour qu’on continue de jouer avec la vie des Ivoiriens.
 Pour une meilleure gestion de cette crise de trop, Sidi Touré annonce une matrice d’actions en trois étapes. D’abord, tous les cadres seront en mission ce week-end dans tout le département afin de rassurer et informer les parents sur les dispositions prises par le gouvernement pour la sécurisation des personnes et des biens. Ensuite, un Comité d’Ecoute et de Dialogue piloté par Monsieur Méledj Mel, préfet de Béoumi, est mis en place. Sa principale mission est d'œuvrer à la réconciliation et au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les communautés vivant dans le département.

Enfin, une grande rencontre de ‘’dialogue, vérité et réconciliation’’ est prévue, dit-il,  à Béoumi avec l’ensemble de la population. Elle sera dirigée par le Comité d’Ecoute et de Dialogue afin de ‘’crever l'abcès et mettre fin définitivement à toute cette vague de violence dans notre département’’.
Le corps préfectoral effectuera également des tournées de sensibilisation dans les différents villages avec l’appui des cadres pour réinstaurer le climat de paix et de confiance qui régnait jadis.

Clémentine Touré