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Lun, Oct

Blocage de l’école par des enseignants grévistes/Quelle que soit l’issue de la grève, l’image de Kandia Camara sort écornée !

Société
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La bataille de l'indemnité de logements ne fait que commencer et se gagnera avec l'ensemble des Fonctionnaires de Côte d'Ivoire, promet Gnagna Zadi, de la Plateforme des Fonctionnaires.


Le secrétaire à l'organisation de la COEECI Dah Sansan formel :<< La COEECI exige le départ de Kandia Camara à la tête de l'école Ivoirienne. Ces enfants sont aux USA c'est pourquoi elle refuse d'ouvrir les classes. Dans les manifestations à venir, notre cible sera sa démission. Elle est insensible à nos pleures et lamentations. C'est méchant !

Depuis janvier 2019, un bras de fer oppose des syndicats de l’enseignement secondaire et Kandia Kamissoko Camara, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Conséquence : les élèves sont à la maison ou sont délogés des classes quand ils se hasardent à arpenter le chemin des classes. Face aux revendications liées aux conditions de vie et de travail des enseignants exhibés lors des négociations (revalorisation de l’indemnité de logements, celle des primes liées aux examens à grand tirage (Cepe, Bepc, Bac), organisés par la direction des examens et concours ; sans oublier le paiement de la somme de 500 000 F aux enseignants ex-contractuels.), le gouvernement ivoirien a choisi des mesures draconiennes pour faire infléchir les grévistes : arrestations, blocage et ponction sur les salaires puis gel de leurs épargnes. Quant aux enseignants grévistes, ils optent également pour la radicalisation en faisant déloger les élèves des établissements qui faisaient cours jusque-là.

Depuis quelques jours, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), est entrée dans la danse, en organisant dans la quasi-totalité des lycées et collèges du pays, des marches pour exiger la reprise des cours, de peur de tomber dans une année blanche. Là également, la riposte du pouvoir ne s’est pas faite attendre : des élèves sont molestés, arrêtés et jetés en prison à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca).
Face à cette tension extrême, le gouvernement a annoncé, mercredi 20 mars 2019, en Conseil des ministres, la reprise du dialogue avec les syndicats par le Premier ministre, lui-même.

La veille, Albert Mabri Toikeusse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avait présidé une rencontre interministérielle avec une trentaine de syndicats, à qui il a demandé de reprendre les cours en attendant leur rencontre avec le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, pour la satisfaction de leurs revendications. Les principaux syndicats disent donner leur accord de principe. Mais demanderont l’avis de leurs camarades, au cours d’une Assemblée générale extraordinaire, dans les tout-prochains jours. En attendant, ils exigent du gouvernement qu’il libère leurs camarades emprisonnés, dégèle les comptes des enseignants grévistes et rétrocède les ponctions opérées pour faute de grève.

‘’Nous n’avons pas dit que nous suspendions notre mot d’ordre de grève’’, coupe Pacôme Attaby de la Cosefci, selon
lecoleinfo.com.

Avant cette négociation de la dernière chance, après que la ministre en charge de l’Education s’est brûlée les plumes, Gnagna Zadi, porte-parole de la Plateforme des Fonctionnaires, qui a mené ce type de grève en 2017 et qui a pu obtenir des points de satisfaction après d’âpres négociations avec le gouvernement, donne des pistes. Pour lui, ces camarades devront expliquer à leurs amis, au cours de l’AG prochaine, que ‘’la finalité d'une grève, c'est l'ouverture de négociations en vue de la résolution des préoccupations’’.

Car, il est rare, soutient-il, d'obtenir des résultats pendant qu'on est en grève ; en dehors de la lutte historique de 2017 au cours de laquelle nous avions obtenu 4 points satisfaits sur 5 avant la suspension du 26 janvier 2017. Ils devront expliquer à la base que toute bataille mérite un repli stratégique pour remonter psychologiquement et physiquement les troupes. ‘’La bataille de l'indemnité de logements ne fait que commencer et se gagnera avec l'ensemble des Fonctionnaires de Côte d'Ivoire. Le gouvernement devra faire preuve de bonne foi et respecter ses engagements vis à vis des syndicalistes. La libération des camarades arrêtés est un grand pas à saluer, il faut aller au plus vite au dégel des comptes et au reversement des ponctions et autres salaires suspendus. C'est à ce prix que le dialogue à venir se fera dans la sérénité’’ a-t-il suggéré.
 Après avoir été malmenés des mois durant par le gouvernement, les syndicalistes entendront-ils raison, surtout que certains, comme des parents d’élèves, exigent la démission de la ministre Kandia Camara ?

Justine Koné