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Jeu, Oct

Situation de l'école/Vers une année blanche ?/La Directrice générale de l’Unesco en visite en Côte d’Ivoire

Société
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 La ‘’marche des stylos rouges’’, à Bouaké, ce mardi, 26 février, a été initiée pour protester contre les événements malheureux de la veille.


Des hommes lourdement armés, selon plusieurs témoignages sur place, à Bouaké, au carrefour PMI du quartier Ahougnansou, ont attaqué, lundi 25 février 2019, matin, une manifestation pacifique des enseignants grévistes, faisant plusieurs blessés. 24 heures après l'agression de ces instituteurs dans la 2è ville du pays, incident au cours duquel 03 enseignants ont été blessés, 11 motos appartenant à des enseignants grévistes ont été calcinées et 03 autres engins, volés par des hommes encagoulés, des milliers de personnes, pour la plupart, des enseignants de Bouaké, ont défilé dans le calme, dans la matinée de ce mardi 26 février, en levant des stylos rouges.  Selon nos sources, cette marche, dite « marche des stylos rouges » a été initié pour protester contre les événements malheureux de la veille.
La Plateforme Régionale des fonctionnaires de Gbêkê appelle à cesser les violences sur les syndicalistes de Bouaké et au strict respect des libertés syndicales.  Depuis lundi 25 février, après cette agression, des rumeurs ont circulé toute la nuit, sur la volonté des agresseurs, cagoulés, de faire du porte à porte, à la recherche des grévistes. Les messages d’alerte continuent de pleuvoir sur les réseaux sociaux et à Bouaké, nous dit une source sur place, c’est la peur qui s’empare des populations.

Depuis le matin de ce 26 février, ce sont les élèves de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), d’Abidjan et de plusieurs villes de l’intérieur du pays (Yamoussoukro, Daloa, Région du Haut-Sassandra…), qui sont, à leur tour, dans les rues. Ils disent en avoir ‘’marre’’ de cette crise à l’école qui n’en finit pas ; entre le gouvernement et les enseignants.
Et pendant ce temps, la Directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, ancienne ministre de la Culture en France, effectue une visite de 48h à Abidjan, à partir de ce mardi 26 Février 2019. Sur son agenda, elle doit rencontrer Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, avec qui elle compte discuter de la situation de l'école dans son pays, dans la tourmente depuis plusieurs semaines. C’est certainement après avoir rencontré les autorités ivoiriennes et les partenaires de l’école, dont Mme Kandia Camara, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, qu’elle décidera du sort de l'année scolaire 2018-2019 ; à savoir si elle sera déclarée année blanche ou invalidée ; en l’occurrence si le volume des cours n'atteint pas les 25 semaines requises par l'Unesco.

Les revendications des grévistes portent, entre autre, sur la revalorisation de l’indemnité de logements, celle des primes liées aux examens à grand tirage (Cepe, Bepc, Bac), organisés par la direction des examens et concours ; sans oublier le paiement de la somme de 500 000 F aux enseignants ex-contractuels.
Face à ses revendications, le gouvernement ivoirien a brandi d’abord la chicotte en annonçant, le 28 novembre dernier, la suspension du bénéfice des acquis de la trêve sociale pour tous les secteurs dont les syndicats d’agents ne respectent pas leurs engagements. Depuis, les enseignants ont quitté la table des négociations, à la suite des arrestations de syndicalistes à l’enseignement secondaire et au supérieur.

PRISCA N'GUESSAN à Bouaké