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Sam, Mai

Front social/Malgré les menaces du gouvernement, les grèves se radicalisent

Assemblée générale d'un Syndicat des agents de santé

Société
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Le gouvernement a annoncé, le 28 novembre dernier, la suspension du bénéfice des acquis de la trêve sociale pour tous les secteurs dont les syndicats d’agents ne respectent pas leurs engagements.


A la veille des congés de février (du 15 au 24 février 2019), on ne peut pas dire que c’est la grande sérénité dans les établissements secondaires du pays.
À Soubré, après une grève de trois jours observée par la Coordination des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Cesci) depuis le 22 janvier, c’est maintenant la grève illimitée dans cette région du pays. Les revendications portent, entre autre, sur la revalorisation de l’indemnité de logements, celle des primes liées aux examens à grand tirage (Cepe, Bepc, Bac), organisés par la direction des examens et concours ; sans oublier le paiement de la somme de 500 000 F aux enseignants ex-contractuels.
A Abidjan, plusieurs syndicats du secteur de l’Education dont le Synesci observent un arrêt de travail depuis le 29 janvier et ce, pendant trois jours, paralysant ainsi, de très nombreux lycées et collèges de la capitale économique ivoirienne et ceux de l’intérieur du pays.
Dans les Universités ivoiriennes, notamment celles d’Abidjan, les enseignants membres du Codec (un nouveau syndicat),  exigent le départ du président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Abou Karamoko, qu’ils accusent d'être leur ‘’bourreau’’.

ils rejettent donc, toute idée de rentrée académique 2018-2019, tant que ‘’des solutions durables’’ ne sont pas trouvées à leurs revendications.
selon l’Infodrome, un journal en ligne ivoirien, les agents de Côte d'Ivoire Logistique opérant au Guichet unique automobile observent une grève depuis le 30 janvier 2019. Ils dénoncent, selon ce site, le licenciement abusif de certains de leurs camarades et des arriérés de paiements de salaires. Certains agents interrogés par ce site en ligne, s’offusqueraient contre l'interdiction de l'importation des véhicules de moins de cinq ans, décidé, récemment, par l’Etat ivoirien.
Les enseignants du secondaire comme du supérieur entendent radicaliser leur position, les jours à venir, si le gouvernement ‘’ne révise pas sa position’’.

Il y a quelques mois, ce sont les fonctionnaires de l’Etat des collectivités territoriales (préfectures, sous-préfectures, mairies et conseils régionaux) qui ont observé plusieurs mois de grève du fait de l’insatisfaction de leurs revendications par l’Etat-employeur.
Plus près de nous, les agents de santé avaient paralysé Chu et hôpitaux allant jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de service minimum ; causant ainsi de nombreuses victimes. Depuis quelques jours, il se murmure une autre grève des mêmes agents de santé, après le délai fixé au gouvernement pour faire face aux points d’insatisfaction.

Le gouvernement avait pourtant mis en garde, les grévistes, lors du Conseil des ministres du 28 novembre 2018 : ‘’ En dépit de la signature du Protocole d’Accord Portant Trêve Sociale en date du 17 août 2017, le Gouvernement déplore, à peine un an après, une résurgence de grèves ou de menaces de grèves relatives à des revendications syndicales à caractère financier dans les secteurs de la Santé, de l’Education, de l’Agriculture, de l’Administration Territoriale et des Ressources Halieutiques.
C’est le lieu de rappeler que le Gouvernement, dans le souci d’améliorer les conditions de vie des fonctionnaires, a procédé au déblocage des salaires depuis 2014 et a pris la décision de payer à 100% les mesures actées qui étaient partiellement payées depuis 2009.

A ce jour, toutes les évaluations du processus ont relevé et salué les efforts fournis par le Gouvernement relativement au respect de ses engagements estimés à 200,8 milliards  de francs CFA par an.
Bien qu’ayant bénéficié de tous ces acquis du Protocole d’Accord Portant Trêve Sociale, notamment, le paiement du stock des arriérés, la bonification indiciaire, certains syndicalistes entendent remettre en cause les clauses de ladite trêve dans laquelle ils se sont engagés de façon claire et sans ambiguïté.

Il convient de souligner qu’au regard des dispositions de la loi N° 92-571 du 11 septembre 1992 fixant les modalités de la grève dans les services publics et des articles 3 et 5 du Protocole d’Accord portant Trêve Sociale signé le 17 août 2017, ces grèves ou préavis de grève sont totalement illégaux.
Devant cette situation, et sans toutefois rompre la voie du dialogue, le Conseil a arrêté les mesures suivantes : 

- le rejet catégorique de toutes les revendications à caractère financier pouvant impacter le budget de l’Etat ;
- l’application des dispositions légales et règlementaires et suspension du bénéfice des acquis de la trêve sociale pour tous les secteurs dont les syndicats d’agents ne respectent pas leurs engagements et qui abusivement lancent des mots d’ordre de grève qui perturbent le bon fonctionnement des Services Publics.

Jean Michael