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Côte d'Ivoire/Grève du personnel administratif et technique/Le ministère des Affaires étrangères paralysé

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Le syndicat du personnel administratif et technique dit ne pas comprendre que d’autres ministères comme l’Agriculture, la Culture, le Tourisme, l’Economie et les finances etc., continuent d’affecter leurs agents dans les missions diplomatiques à l’extérieur du pays.

© cotedivoire-today.net - Mardi 26 Juin 2018 – Depuis le 22 juin 2018, le ministère des Affaires étrangères à Abidjan est paralysé par une grève du syndicat du personnel administratif et technique dudit ministère. Jules Ogba, Secrétaire général de ce syndicat explique que leur mouvement d’humeur est lié à la volonté de leur hiérarchie de mettre fin aux missions diplomatiques qui avaient cours jusque-là, sans oublier des primes qu’ils revendiquent. Si on en croit Ogba, depuis l’indépendance, le personnel non diplomatique (secrétaires, chauffeurs etc.), a toujours bénéficié des affectations dans les missions diplomatiques à l’extérieur du pays. Malheureusement, ces missions avaient été suspendues, selon lui, par Charles Diby Koffi, alors ministre des Affaires étrangères, qui avait entrepris de profondes réformes pour adapter ce ministère stratégique à la vision politique nouvelle des nouvelles autorités ivoiriennes.

Au terme de cette réforme, le secrétaire général du syndicat, soutient que les missions diplomatiques du personnel non diplomatique, devraient reprendre. Elles auraient repris sous le ministre Albert Mabri Toikeusse, avant de connaitre un coup d’arrêt sous la gouvernance de Marcel Amon-Tanoh.
C’est donc après ‘’arrêt des négociations’’ avec le chef de cabinet du ministère des Affaires étrangères, point focal pour la résolution des points de revendications, que la grève a démarré le 22 juin, après un préavis de grève déposé, le 30 mai 2018.

Dans une conférence de presse organisée quelques jours avant le début de cette grève, Léon Adom Kacou Houadja, Secrétaire général dudit ministère, a soutenu que ‘’l’affectation jusqu’à une période récente’’, des chauffeurs, secrétaires et autres agents non diplomatiques dans les missions diplomatiques à l’étranger obéissait ‘’à une faveur et non à un droit’’. Pour lui, ‘’aucune disposition législative et règlementaire ne prévoit l’affectation du personnel interministériel dans les postes diplomatiques et consulaires à l’étranger’’.
A cause des ‘’contraintes budgétaires et financières’’, l’Etat ivoirien, au dire d’Adom Kacou,  à l’instar d’autres pays notamment les Etats-Unis, la Chine, la France etc., a de plus en plus recours au personnel recruté localement, parmi la diaspora ivoirienne de ces pays où se trouve l’ambassade.

A titre d’exemple, une secrétaire ivoirienne affectée à l’ambassade de la Côte d’Ivoire aux Etats-Unis, a  4 000 dollars comme salaire et une indemnité de 2 500 dollars pour son hébergement. Or des diplomates ont souvent 03 à 04 secrétaires. Pire, elles ne parlent, souvent pas l’anglais, qui est, dans ce pays, la langue de travail.
A cet argumentaire, le syndicat du personnel administratif et technique oppose le fait que d’autres ministères comme l’Agriculture, la Culture, le Tourisme, l’Economie et les finances etc., continuent d’affecter leurs agents dans les missions diplomatiques à l’extérieur du pays, contrairement au personnel non diplomatique du ministère des Affaires étrangères. Pourquoi donc ce ‘’deux poids, deux mesures’’ ? demandent-ils. Cette grève devrait prendre fin mercredi 27 juin…’’si la tutelle reprend les négociations’’, note Jules Ogba.

Clémentine Touré