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Dim, Oct

Homosexualité/Un phénomène en croissance en Côte d’Ivoire

Société
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En Côte d’Ivoire, il n’existe aucun texte de loi réprimant la communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle (Lgbt).


L’homosexualité en Côte d’Ivoire n’est plus un fait mineur mais désormais, un véritable phénomène de société. Effet de mode, véritable conviction ou résultat d’une pauvreté qui, ne fait que grandir au fil des années favorisant une société inégalitaire ?  Combien sont-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils ou deviennent-ils homosexuels ?  Nul ne le sait puisque ignorés pour le moment par une société qui feint de ne rien voir. Car, l’homosexualité continue de rester un sujet tabou mais également un sujet honteux dans notre société.

Jamais mode de vie n’aura déclenché autant de passion aussi bien en Afrique qu’en Occident, en Asie, en Orient partout sur la planète que l’homosexualité. Condamnée par les religions révélées : la religion chrétienne et musulmane, par les uns et les autres, elle est considérée comme un acte contre-nature, abominable, diabolique, maléfique voire une maladie. Les Livres saints chrétiens rapportent dans la genèse qu’elle est à l’origine de la destruction des villes de Sodome et Gomorrhe par Dieu, fatigué de voir les siens continuer à se vautrer dans la sodomie.

Vus comme des êtres maudits, les homosexuels dans leur ensemble sont souvent voués aux gémonies, pourchassés, agressés, battus, méprisés, haïs par nombre de peuples. Il leur est difficile même de nos jours, malgré la prise de lois les autorisant à se marier dans plusieurs pays et Etats occidentaux, de faire leur coming-out c’est-à-dire révéler publiquement leur homosexualité et ce, bien que les mentalités aient évoluées à ce sujet. Etant encore vécue comme une maladie honteuse, une tare que l’on doit à tout prix cacher, les préjugés continuant d’avoir la peau dure. 

Comme en Russie et nombre de pays de l’Est, qui refusent et nient catégoriquement l’existence de cette communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle (LGBT) et ce, en dépit de leur nombre sans cesse croissant dans le monde et leur poids indéniable sur le plan politique lors des élections. Dans ces pays qui vivent sous une véritable chape de plomb, où l’Etat est quasiment présent et régente la vie des citoyens, considérés comme des parias, ils sont obligés de vivre cachés parce que traqués parfois comme des bêtes par les forces de l’ordre, mais aussi par leurs concitoyens qui leur font subir toutes sortes de sévices, au point où, les organismes chargés des Droits de l’Homme sont obligés de monter au créneau pour dénoncer et condamner ces actes homophobes.

Pourtant, ce ne fut pas le cas dans l’antiquité. Dans la Grèce antique, il n’était pas du tout scandaleux ni tabou de voir et de vivre avec des homosexuels. Au contraire… C’était même la norme surtout chez les philosophes. Ainsi, le brillant Aristote avait également son "mignon" ; de beaux éphèbes, de beaux jeunes hommes choisis principalement parmi les sportifs. Même Alexandre le Grand, le plus grand conquérant Grec de tous les temps dont on dit qu’à 32 ans, avait un empire qui s’étendait sur trois continents (Europe, Asie, Afrique) était lui aussi gay.
De même, l’on peut citer la Rome antique connue pour ses bacchanales ou orgies, des fêtes dont le maître-mot était la débauche la plus complète. Au cours desquelles, hommes et femmes, jeunes et vieux se mélangeaient allègrement. Plus proche de nous, avec l’Egypte antique, l’Egypte des Pharaons, où il était admis pour les hommes d’avoir un amant surtout des jeunes parfois à peine pubères.

L’homosexualité féminine ou lesbianisme ou encore saphisme tirerait quant à elle sa source de la prêtresse Sapho. Laquelle, créa une école à l’usage exclusif de jeunes filles qu’elle formait aux choses de l’art comme le chant, la musique, la danse etc. Pour d’autres, les harems des rois et autres princes des pays orientaux auront été un ferment à son éclosion. De même que, les bains turcs destinés aussi bien aux hommes qu’aux femmes.
Aujourd’hui, cette inclination sexuelle décrite dans nos sociétés africaines comme une maladie, un vice de l’homme blanc, a fait un véritable bond au sein de nos populations. Mais, à l’instar  de nombre de pays arabes et islamiques, les pays africains pour la plupart condamnent par de lourdes peines de prison comme au Cameroun, au Zimbabwé ou même à la peine de mort comme en Ouganda, tout homosexuel déclaré, soupçonné ou pris sur les faits.

Au contraire de ces pays, en Côte d’Ivoire, il n’existe aucun texte de loi réprimant la communauté LGBT, même si cela fait quelques années que ce phénomène a pris de l’ampleur. Combien sont-ils ? Comment vivent-ils ? Comment sont-ils vus dans leur famille ? D’où viennent-ils ? Malheureusement, il n’existe aucune statistique fiable à propos de ce fait de société que tous feignent d’ignorer.
Tout ce que l’on sait, c’est qu’il existe des associations chargées de défendre leurs intérêts. Des groupements qui préfèrent vivre dans l’ombre, raser les murs, garder l’anonymat au lieu de s’afficher publiquement à cause de l’hostilité farouche d’une certaine population bien- pensante, qui s’est fait le devoir et s’est arrogée le droit de les rabaisser, de les humilier de toutes les manières possibles.

Néanmoins, selon certains témoignages,-en dehors de ceux qui ont fait librement le choix d’assumer leur sexualité- contrairement aux pays occidentaux, la plupart d’entre- eux viendraient de familles pauvres, défavorisées et pensent trouver dans cette voie de quoi les faire vivre, eux ainsi que leurs familles. Raison pour laquelle, nombreux parmi eux, n’hésitent pas à se prostituer. L’un d’entre eux confessait avoir des amants de toutes les catégories sociales : des forces de l’ordre en passant par des cadres, des personnalités comme des étudiants, tous…Ivoiriens ! De quoi lancer un pavé dans la mare de tous ceux qui pensent que cette « déviation » n’est que l’apanage du seul Blanc.

Propos confirmés par un autre qui, après avoir été abusé sexuellement (violé) dans sa tendre enfance par un oncle, a fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Rejeté par les siens qui préfèrent jouer les autruches que de condamner cet oncle pédophile-différent de l’homosexualité-, traumatisé, stigmatisé, il a lui aussi basculer dans la prostitution pour pouvoir vivre. Après les premières heures, les premiers doutes passés, ils disent s’assumer aujourd’hui sans aucune honte malgré le mépris et les propos désobligeants dont ils font constamment l’objet.
 
Chanel DION