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Jeu, Mar

Accidents, non-respect des feux tricolores/Les gbakas bénéficient-ils d’une impunité ?

Société
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Tout comme le phénomène des microbes, il faut mettre impérativement fin à cette véritable impunité, cette politique de non-dits qui crée des citoyens à part, des citoyens intouchables .


Mardi  23 janvier 2018, à la montée de l’échangeur de la Riviéra 2, une femme vient d’être la "proie" des mini-cars de transport appelés communément gbakas.. Quelques jours avant ; soit le mercredi 10 janvier, au rond-point de la Palmeraie, un autre après avoir renversé une dame, a fini par l’écraser dans sa fuite devant les… agents des forces de l’ordre.

La particularité de cette route, c’est que tous les gbakas y compris certains wôro-wôro, pour ne pas avoir à faire le rond-point –attente et manœuvre trop longues, trop fastidieuses à leur goût – montent tout doucement sur le terre-plein et font brusquement demi-tour pour retourner sur leur pas et ce ; quelle que soit la couleur des feux tricolores sous le regard complice des agents chargés de la sécurité. Tant pis pour les piétons et autres automobilistes qui eux, ont la priorité et se croyant en sécurité ne font plus véritablement attention. Et, c’est malheureusement à partir de ce petit moment de relâchement que tout peut basculer et le drame se produire. Avec eux, le danger est, hélas ! omniprésent et se cache au détour de n’importe quelle voie. La preuve, trois élèves sont également passés de vie à trépas dans la même semaine du côté d’Adjamé.

Mais, une fois de plus, ceux- là mêmes qui sont censés être les garants de notre sécurité, veiller sur notre vie, sont leurs complices comme s’ils leur avait donné le blanc-seing pour commettre toutes ces infractions, tous ces délits quotidiens et autres entorses pour quelques pièces de…500 Fcfa. Pendant encore combien de temps allons-nous laisser ces jeunes endeuiller les familles ? Y semer la désolation ? Gâcher la vie et l’avenir de tant et tant de familles ? Leur trouver des excuses à tout va ? Pendant encore combien de temps, allons-nous continuer à les infantiliser, à les déculpabiliser ?  Il est en effet, trop facile de répéter à l’envi : ce sont des ''drogués'', ''mal éduqués'', ''inconscients'' etc.

Depuis de trop nombreuses années, on assiste comme impuissants à une situation qui ne semble déranger personne tant les années se suivent et se ressemblent.   Concernant les accidents causées par ces mini-cars de transport appelés communément gbakas. Des véhicules de transport qui font la loi, la pluie et le beau temps sur toutes les routes ivoiriennes, au mépris du danger, de la sécurité routière, des clients, des passagers, des piétons et même des autres automobilistes. Des chauffeurs pour qui les routes sont autant de terrains de jeux, un far-west où ils peuvent s’en donner à cœur joie. Alors, c’est à qui mieux-mieux ! Qui brûlera le plus de feux rouges ? Qui fera le plus de queues de poisson, prendra le plus de sens interdits, roulera à tombeau ouvert, fera le plus de dépassements insensés ? Qui fera le plus d’incivilités ? Résultat des courses : les accidentés et les morts commencent à s’enchaîner dans un silence assourdissant et le mépris de tous. Comme si toutes ces personnes, toutes ces victimes n’avaient pas voix au chapitre et comptent pour du beurre.

Tout est fait pour qu'on qu'on croit s’il s’agit d’une race à part qu’il faut absolument dédouaner au nom de toutes sortes de prétextes visant à effacer leurs fautes, à les innocenter et à les déresponsabiliser.  Drogués, mal éduqués, inconscients ou pas, ce sont des adultes qui doivent répondre de leurs actes au nom de la justice. Tout comme le phénomène des microbes, il faut mettre impérativement fin à cette véritable impunité, cette politique de non-dits qui crée des citoyens à part, des citoyens intouchables ! Ces jeunes sont coupables de multiples forfaits. Il est donc tant que les pouvoirs publics, le gouvernement prennent le taureau par les cornes, prennent de véritables résolutions pour qu’ils soient condamnés et paient le prix fort de leurs méfaits, de leurs forfaits. Il urge que la police mène de sérieuses enquêtes pour les retrouver lorsqu’ils fuient une scène de crime. Ce qui au demeurant n’est pas difficile grâce à la plaque minéralogique du véhicule.

Chanel DION