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Jeu, Mar

Le ministère du Plan et du Développement paralysé par une grève/Kaba Nialé et le syndicat des agents à couteaux tirés

Société
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Selon une source, le 7 janvier 2018, le Conseiller du Premier ministre, Tchéré Séka, a rencontré  le  Resynapci parce que celui-ci avait déposé un préavis de grève pour le 11 janvier.


Des services du ministère du Plan et du Développement tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays fonctionnent au ralenti s’ils ne sont pas carrément fermés. Or c’est le ministère qui met en œuvre, suit et évalue le Programme national du développement (Pnd 2016-2020) et d’autres programmes comme le Pôle économique et compétitif (Pic) ; notamment à Man et Abengourou ; des projets importants pour l’amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes.

Un différend lié aux primes des agents, est à l’origine de ce débrayage préjudiciable aux usagers de ce ministère dirigé par Mme Kaba Nialé.
De sources proches du Renouveau Syndical des Agents du ministère du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire (Resynapci), trois points d’achoppement avec le ministre Kaba Nialé ont provoqué cette grève de ‘’cinq jours reconductibles dès la semaine prochaine si rien n’est fait’’.

Les trois points d’achoppement syndicat-ministère
Primo, certains agents affirment que sous Mabri Toikeusse alors qu’il dirigeait ledit ministère, ils auraient découverts que la totalité des primes trimestrielles ne leur était pas versée. Laquelle prime serait évaluée à 910 millions Cfa par an.

A l’arrivée de Kaba Nialé en 2016, la prime serait passée à 960 millions Cfa; soit une rallonge de 50 millions Cfa. Alors qu’ils étaient en droit de s’attendre au reversement trimestriel de ladite prime, c’est plutôt des montants partiels qui leur sont remis. A les en croire, malgré leur ‘’volonté’’ de résoudre ce différend par le dialogue, ils auraient butté sur un mur avec la tutelle qui aurait pris un arrêté instituant ces primes sans associer les syndicats et agents.
Pire, et c’est le second point de cette suspension des activités, les responsables des syndicats, notamment le Secrétaire général, Sapohi Gunkapié Simplice et son adjointe, Coulibaly N’gandia Germaine épouse Soro et une quarantaine de syndicalistes du ministère du Plan et du Développement ont été ‘’mis à la disposition de la Fonction publique’’. Pour le Syndicat, c’est à cause de leurs activités syndicales.

Enfin, il est reproché à la tutelle de ne pas mettre à exécution la décision des plus hautes autorités de réintégrer les syndicalistes au ministère du plan et du développement ; ce, dans le cadre de la trêve sociale voulue par le gouvernement. Pire, le ministère du plan refuserait la mise en place du cadre du dialogue social préconisé par le gouvernement.
D’où le débrayage depuis le lundi 22 janvier dernier. Au terme des 1ères journées et dans un communiqué parvenu à notre rédaction, Camara Ayouba, Secrétaire général adjoint du Syndicat, parle de suivi à plus de 90% à Abidjan et de 100% à l’intérieur du pays qui compte dix (10) directions régionales.

L’implication du Premier ministre
Nos tentatives pour avoir la version du ministère ont été vaines. Cependant, une source proche du dossier et qui a requis l’anonymat explique que des instructions ont été données à la ministre Kaba Nialé par le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, pour dénouer le problème. Selon la source, le 7 janvier 2018, le Conseiller du Premier Ministre, Tchéré Séka, a rencontré  le  Resynapci parce que celui-ci avait déposé un préavis de grève pour le 11 janvier.

Celui-ci avait rassuré qu’il rendrait ‘’fidèlement compte’’ à son patron. Entre temps, à la rencontre entre Yého Nawa directeur de cabinet de Kaba Nialé, le 8 décembre 2017, pour dénouer la crise, promesse avait été faite que toutes parties disposeraient du compte rendu qui devrait être fait par le directeur des ressources humaines ; tout comme la mise sur pied d’un cadre de dialogue social pour adresser tous les problèmes qui polluent l’environnement de travail depuis bien d’années. Rien n’a été fait. Le 4 janvier, un autre préavis a alors été déposé par les syndicalistes sur la table de Kaba Nialé, rentré à exécution depuis le lundi 22 janvier ; ce, jusqu’au vendredi 26 janvier 2018.

Clémentine Touré