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Lun, Aoû

Situation sécuritaire délétère/Après l’attaque des camps et commissariats, les prisonniers s’évadent de plus en plus

Hamed Bakayoko, ministre d'Etat ministre de la Défense (photo d'archives)

Société
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La psychose gagne véritablement les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer.


Le dimanche 3 septembre 2017, les Ivoiriens et tous ceux qui vivent sur le sol de ce beau pays autrefois havre de paix, ont appris avec consternation que près d’une centaine de prisonniers de Katiola (45 km au nord de Bouaké, centre du pays), se sont évadés de la prison de la ville. Même si Koffi Kongoué Joachim, Directeur de l’administration pénitentiaire a annoncé, le lendemain, avoir rattrapé 36, suspendu et relevé de leurs fonctions Mme le Régisseur et les gardes pénitentiaires de garde, la psychose a déjà gagné les populations.

Qui se souviennent que le mardi 08 août 2017, aux environs de 11 heures, des détenus, extraits de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca), qui venaient de recevoir des notifications en cabinets d’instruction, ont ‘’agressé des agents de police, en mission de déferrement au Palais de Justice d’Abidjan Plateau’’, occasionnant ainsi l’évasion de vingt (20) personnes, dont dix (10) détenues et dix (10) déférées. En plein plateau, quartier des affaires, un jour ouvré. L’enquête en cours ‘’pour situer les responsabilités, court toujours.

Les Ivoiriens se passeraient bien d’angoisse si depuis janvier 2017, les attaques de commissariats et autres camps de gendarmerie par ‘’des inconnus armés’’, avaient baissé d’un cran ou ont été jugulées.

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, la brigade de gendarmerie de Songon, 20 km au nord d’Abidjan, a fait l’objet d’attaques de personnes ‘’inconnues’’, lourdement armées. Avant ce camp, l’école de police de la commune de cocody, le 19 juillet, la gendarmerie d’Azaguié (40 km d’Abidjan) et bien d’autres camps ont été tour à tour attaqués par ‘’des inconnus armés’’. Sans oublier les incessantes mutineries de soldats mécontents à Bouaké tout le 1er trimestre de l’année. Depuis des mois, des enfants en conflit avec la loi, dénommés ‘’microbes’’ sillonnent les rues de la capitale ivoirienne et tuent d’honnêtes citoyens. Impunément. Sans l’Etat ivoirien ne lève le petit doigt. Le jeudi dernier, le sergent de police Koffi Yao Esaï en fonction à la Crs, a été froidement égorgé par ces ‘’microbes’’ sans foi ni loi. La psychose gagne véritablement les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Clémentine Touré