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Lun, Aoû

‘’Enfants microbes’’, ‘’Gnambros’’, coupeurs de routes…/Les vrais défis qui attendent Diakité Sidiki

Société
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L’ancien préfet d’Abidjan doit également ouvrir un œil sur l’orpaillage clandestin qui a cours actuellement dans plusieurs régions du pays, qui est en train de détruire les forêts et dans lequel les préfets et sous-préfets sont bien souvent cités. Hélas !


Ils sont nombreux, à voir les réactions sur les réseaux sociaux notamment, les Ivoiriens qui ont applaudi des deux mains, la nomination du préfet hors grade, Diakité Sidiki, ex-préfet d’Abidjan, au poste de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Comme le diraient les anglophones : ‘’the right man at the right place’’ ; c’est-à-dire : ‘’l’homme qu’il faut à la place qu’il faut’’. Ce qui traduit l’espoir placé en l’ancien préfet de Bocanda et de Man pour relever les énormes défis sécuritaires du pays ; au nom desquels les trop nombreuses attaques des commissariats du pays, depuis la fin de la meurtrière crise postélectorale en 2011. Récemment encore des commissariats de Yopougon et Abobo ont été attaqués et encore une fois, des armes ont été emportées. En outre, les policiers se plaignent trop souvent de ne pas être équipés, les livrant ainsi au 1er truand venu.

De plus, le sommeil des abidjanais et même des habitants de certaines villes de l’intérieur est régulièrement troublé par le phénomène des ‘’enfants microbes’’. Des gamins hors la loi qui font la pluie et le beau temps, agressent et tuent d’honnêtes citoyens à coup de couteaux et de machettes, au nez et à la barbe des autorités ivoiriennes, impuissantes. Malgré les cris d’orfraie, de détresse et autres protestations, même des Imams du pays, les enfants en conflits avec la loi continuent leurs agressions.
Autre phénomène urbain qui trouble la quiétude des Ivoiriens, cette fois dans le domaine des transports : ‘’les gnambros’’. Des délinquants armés se faisant passer pour des syndicalistes et qui rançonnent les transporteurs, de gré ou de force par le biais de tickets qu’ils font payer aux conducteurs. Ces ‘’gnambros’’ sont devenus si puissants (ils brassent des millions par jour et sont armés) que l’Etat a abdiqué depuis bien longtemps. Pourtant le transport est l’un des secteurs les plus vitaux de l’économie d’un pays.

Le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité doit également faire face aux ‘’coupeurs de route’’. Il ne se passe pas de jour en effet, sans que les voyageurs des cars ou des voitures personnelles ne se fassent dépouillés par ces bandits de grands chemins. Une véritable psychose gagne tous ceux qui, et ils sont nombreux, se hasardent sur les routes ivoiriennes, surtout les week-ends.
Au niveau des collectivités territoriales, Sidiki Diakité doit arriver à convaincre le gouvernement Amadou Gon Coulibaly, lui qui a été préfet à l’intérieur du pays ; afin que le transfert de compétence ne soit plus un vœu pieux, ni une vue de l’esprit, mais soit suivi d’un transfert effectif des moyens financiers. Ainsi, les maires et conseils régionaux qui sont des démembrements de l’Etat et qui gèrent les populations au quotidien, pourront améliorer leurs quotidiens pour un mieux-être au bénéfice de tous.

L’ancien préfet d’Abidjan doit également ouvrir un œil sur l’orpaillage clandestin qui a cours actuellement dans plusieurs régions du pays, qui est en train de détruire les forêts et dans lequel les préfets et sous-préfets sont bien souvent cités. Hélas !
A tous ces défis qui risquent de donner l’insomnie au 1er flic du pays, il faut ajouter la circulation des armes légères et de petits calibres, la drogue, surtout des jeunes (élèves et étudiants), le problème des baux des policiers, la dotation de certains départements en commissariats, les nombreux conflits communautaires et fonciers, les impayés des agents des collectivités territoriales des ex-zones Centre nord et ouest (Cno) etc. De quoi donner le tournis au successeur d’Hamed Bakayoko !

Jean Michael