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Politique

La modification de la Constitution ivoirienne vise, selon de nombreux analystes, à positionner Amadou Gon Coulibaly, qui ne fait pas l’unanimité au sein de son propre parti, le Rhdp, selon le journaliste indépendant Serge Bilé.


Annoncé par Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, pour la 1ère fois et officiellement le 06 août 2019, veille de la fête nationale de son pays ; dans une interview accordée à Brou Aka Pascal, journaliste à Rti1, la chaine publique ivoirienne, la modification de la Constitution du 08 novembre 2016, va maintenant prendre corps. Non pas par référendum, comme lors de son vote par les citoyens ivoiriens, mais par le Sénat (dont une partie des membres a été nommée par le Chef de l’Etat ivoirien) et par l’Assemblée nationale contrôlée à plus de 90% par son parti, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, coalition au pouvoir). Pour ce faire, Jeannot Ahoussou-Kouadio, Président du Sénat, ‘’convoque les sénateurs à la réunion du parlement en congrès le jeudi 5 mars 2020, à 10h à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la paix de Yamoussoukro. Cette réunion du congrès est relative au message du Président de la République sur l’état de la Nation conformément à l’article 114 de la constitution.’’ Un communiqué daté du 2 mars 2020, de Soumahoro Aboubacar Cidick, Secrétaire général du sénat. L’Article 114 de la Constitution du 08 novembre 2016, stipule en effet :‘’Chaque année, le Président de la République adresse un message sur l’état de la Nation au Parlement, réuni en Congrès. Ce message peut  être lu par le vice-Président de la République. Le message du Président de la République ne donne lieu à aucun débat.’’ 

Mais sur l’objet de l’adresse du présent message sur l’état de la Nation du Président ivoirien, il n’est point besoin de faire Havard University pour le savoir. Le chronogramme des Sessions extraordinaires relatives à l’adresse du Président de la République au Parlement, mentionne bien ‘’l’examen des projets de loi portant révision constitutionnelle et modification du Code électoral’’ et va couvrir la période allant du mardi 03 au mardi 31 mars 2020. Selon certaines sources, ces propositions attendues des députés et sénateurs seront adoptées par le gouvernement ivoirien, le 6 mars 2020, prochain, en conseil des ministres extraordinaire. La dernière étape avant le lancement du processus électoral pour les élections présidentielles du 31 octobre 2020. Ainsi donc, malgré les protestations de l’opposition significative et de la société civile ivoiriennes, le Protocole d’Accord sur la modification des Constitutions de la Cedeao, dont la Commission est dirigée par l’ivoirien Jean Claude Brou ; sans oublier le Protocole de l’Union africaine qui interdit la modification des Constitutions, un an avant les élections générales, Alassane Ouattara tient à la modification de la Constitution ivoirienne, votée et promulguée, il y a seulement trois ans. Pour, comme soutiennent son opposition et de nombreux analystes, éliminer des candidats et positionner Amadou Gon Coulibaly, actuel Premier ministre, qui, au dire de Serge Bilé, journaliste indépendant vivant en Martinique (France), lors d’un débat sur Rfi, ne fait pas l’unanimité au sein de son propre parti, le Rhdp.

Clémentine Touré