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Dim, Mar

Politique

Soumahoro Ibrahim a été agressé quatre jours après par un certain Touré Issiaka en réaction à son ‘’outrecuidance’’ à s’adresser publiquement au ministre Adjoumani Kobenan.


Saisie par des ressortissants ivoiriens en France suite à l’agression de Soumahoro Ibra, cyber-activiste et partisan de l’ex-premier ministre ivoirien exilé en France, Guillaume Kigbafori Soro, la Fondation ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique (Fidhop), a produit un communiqué dans lequel elle supplie les parents, les proches de la victime agressée, ‘’de ne point commettre d’acte de vengeance…’’ en cédant aux provocations, et d’ éviter d’envenimer la vie sociopolitique en Côte d’Ivoire. Pour la Fidhop, le recours à la vengeance, (pour prouver qu’on est pas un poltron), ne ferait qu’aggraver la situation sociopolitique délétère du pays, ce qui n’arrange personne en Côte d’Ivoire. Il faut absolument, estime-t-elle, s’en remettre à la Justice. Elle interpelle donc le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, également président du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, coalition au pouvoir), de tirer toutes les conséquences de cet acte ‘’barbare d’une extrême gravité’’, qui engage de près ou de loin le ministre ivoirien de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani ainsi que l’Ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire en France. A la justice française, la Fidhop exige qu’elle se saisisse de cette affaire, pour condamner, de façon exemplaire, tous les mis en cause.


La Fidhop compte veiller ‘’à ce que ces délits commis publiquement ne restent pas impunis du fait des relations diplomatiques entre la France et la Côte d’Ivoire’’. C’est pour elle une belle occasion pour éveiller la conscience démocratique des ivoiriens et des leaders africains sur la liberté d’expression dans le pays de Félix Houphouët-Boigny, 1er Président ivoirien. Elle leur rappelle à toutes fins utiles « qu’en Occident, notamment en France, il ne se passe pas de jour où les autorités au pouvoir, précisément les Présidents, ne soient critiqués à la télévision ou interpellés directement dans les cérémonies publiques. Cependant, plutôt que de faire agresser ou arrêter les auteurs, et surtout par respect pour leurs concitoyens ces élus et autres Présidents s’arrêtent, les écoutent et leur répondent respectueusement ».
Rappelons que Soumahoro Ibrahim a été agressé quatre jours après par un certain Touré Issiaka en réaction à son ‘’outrecuidance’’ à s’adresser publiquement au ministre Adjoumani Kobenan, au sujet des députés pro-Soro incarcérés à Abidjan, pendant qu’il le filmait. C’était le Samedi 22 février 2020 à Paris. Dans un Tweet, Soro Guillaume a écrit la même nuit que le jeune homme était encore sous observation aux urgences dans un hôpital parisien. L’ex-Président de l’Assemblée nationale ivoirienne dit qu’il fait confiance à la France pour ouvrir les yeux. Son avocat, Me Affoussiata Bamba-Lamine a rassuré qu’une plainte contre l'agresseur serait ‘’bel et bien’’ déposée à Paris.

                                                                                               Franck TAGOUYA