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Jeu, Fév

Politique

Pour Pascal Affi N’guessan, le gouvernement doit se préoccuper également de la démocratie, des libertés publiques et des réformes de l’Etat.


Le président du Front populaire ivoirien (officiel), Pascal Affi N’guessan, a rencontré, à sa demande, jeudi 13 février 2020, Daniel Kablan Duncan, Vice-président de la République, pour évoquer avec lui, divers points de préoccupation de l’opposition ivoirienne. Le Vice-président Duncan avait à ses côtés, les ministres Hamed Bakayoko (ministre d’Etat ministre de la Défense), Sidiki Diakité (Administration du Territoire et Décentralisation) et Patrick Achi (Secrétaire général de la présidence). Affi N’guessan était, quant à lui, accompagné de Christine Konan, 1ère vice-présidente du parti, Issiaka Sangaré, Secrétaire général et porte-parole et Kouakou Krah, vice-président chargé des élections. Au sortir de la rencontre, l’ancien Premier ministre a confié à la presse, les points de discussion ; notamment le retour au pays du président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, la question de la Commission électorale, l’environnement sociopolitique, le cas Guillaume Soro etc. Pour ce qui est du retour de l’ancien Président de la République et du leader de la Galaxie patriotique, Affi N’guessan a laissé entendre qu’il est venu rencontrer les autorités ivoiriennes pour voir ce qu’il faut faire pour que leur retour ‘’participe de la dynamique de réconciliation nationale et de reconstruction de notre pays’’ ; surtout qu’Alassane Ouattara ne rate aucune occasion pour dire que Gbagbo est son ‘’frère’’. Car, pour le président du Fpi, “ à l’heure actuelle, plus rien ne justifie leur maintien en dehors de la Côte d’Ivoire’’. C’est pourquoi il appelle le pouvoir d’Abidjan à “reprendre la main sur ce dossier’’ qui “est maintenant d’ordre politique’’ ; la justice ‘’ayant fini son travail’’.

Rappelons que l’audience de la Chambre d'appel de la Cour pénale international (Cpi), du 6 février 2020, dans l'affaire Procureure contre Laurent Gbagbo et Blé Goudé, n’a pas mis fin aux restrictions à eux imposées malgré la décision portant acquittement et libération immédiate rendue le mardi 15 janvier 2019, par la Cpi. En outre, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont sous le coup d’une condamnation de 20 ans de prison en Côte d’Ivoire, pour des faits en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait officiellement 3000 morts. En ce qui concerne la question de la Commission électorale indépendante (Cei), et face au blocage actuel et à l’instar de l’Onu, de l’Union africaine, des Etats-Unis, du Nonce apostolique en Côte d’Ivoire…, Affi N’guessan plaide pour que tous les acteurs politiques puissent intégrer la Commission centrale et les commissions locales de la Cei, pour une Commission électorale équilibrée, qui rassure tous les acteurs. Ce, pour des élections paisibles. Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, coalition au pouvoir), occupe, à lui seul, 98% des Cei locales, selon Affi.  Quant à l’environnement sociopolitique, l’ancien Directeur de campagne de Laurent Gbagbo, milite pour la libération des prisonniers politiques ; notamment les militaires incarcérés après la crise postélectorale, pour que la Loi d’amnistie prise par le Président Ouattara n’ait pas un goût d’’’inachevé’’, afin de refermer définitivement les plaies de cette crise. Pour Pascal Affi N’guessan, le gouvernement ne doit pas seulement brandir les résultats économiques mais doit se préoccuper également de la démocratie, des libertés publiques et des réformes de l’Etat.

Pour ce qui est du cas Guillaume Soro, poursuivi par un mandat d’arrêt international et en exil en France, un des sujets majeurs de préoccupation de l’opposition ivoirienne, le président du Fpi, dit l’avoir évoqué avec l’ancien Premier ministre d’ Alassane Ouattara. Car, inquiet de la situation d’exil de l’ancien Président de l’Assemblée nationale. Pour Affi, le Président de la République de Côte d’Ivoire doit faire en sorte qu’aucun ivoirien n’ait de raison de ‘’mettre à mal la paix et la sécurité de ce pays’’.
Adou Richard, Procureur de la République, accuse Guillaume Soro et ses proches, en plus de vouloir attenter à l'autorité de l'Etat, des faits de détournement et de blanchiment d'argent portant sur la somme de 1,5 milliards Fcfa. En conséquence, un mandat d’arrêt international est lancé contre l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ses proches dont cinq députés sont jetés en prison, plusieurs jours avant que leur immunité parlementaire ne soit levé par le Bureau de l’Assemblée nationale.
Le Député de Bongouanou a déclaré qu’il reste ouvert à la discussion et est prêt à rencontrer le N°1 ivoirien au cas où il aurait besoin d’éclairage par rapport à toutes ses propositions qui visent la paix et la prospérité de la Côte d’Ivoire.

Clémentine Touré