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Jeu, Fév

Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire) et Alpha Condé (Guinée), sont dans le viseur de l'Ua et de la communauté internationale.

Politique

Dans le projet de Constitution de la Guinée, il n’y a plus de limite d’âge pour se présenter à l’élection présidentielle.

A la clôture du 33ème Sommet de l’Union africaine (Ua), qui s’est tenu du 9 au 10 février 2020, à Addis-Abeba, en Éthiopie, le président de la Commission de l’organisation panafricaine, Moussa Faki Mahamat, a fait savoir qu’il ‘’est extrêmement important de ne pas manipuler la Constitution ou de détourner la volonté populaire dans les pays où des élections doivent se tenir’’. Un véritable camouflet pour deux des dirigeants ouest-africains qui s’obstinent à tripatouiller leur Constitution, à quelques mois des élections présidentielles, dans l’optique de ‘’ détourner la volonté populaire’’, pour se positionner ou mettre en selle leur poulain : il s’agit d’Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et d’Alpha Condé de Guinée-Conakry.

C’est d’abord le 06 août 2019, veille de la fête nationale du pays et dans une interview accordée à Brou Aka Pascal, journaliste à Rti1; la chaine publique ivoirienne ; qu’Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, annonce que la Constitution, votée en 2016, sera modifiée ; mettant ainsi fin aux rumeurs sur la modification de ladite Constitution qui ont précédé cette annonce.

En janvier dernier, lors de la présentation des vœux du Corps diplomatique au Président ivoirien, celui-ci a annoncé que la révision de la Constitution viserait à la rendre ‘’pus cohérente’’. S’empressant d’ajouter : ‘’je tiens à préciser que ce n'est pas une manœuvre pour écarter qui que ce soit’’, comme s’il voulait se rassurer lui-même. Depuis, le N°1 ivoirien ne rate plus aucune occasion pour exprimer ce vœu, à moins de huit mois de la présidentielle. Pour le faire, il ne compte pas organiser un référendum mais passer par l’Assemblée nationale et le Sénat dont il est sûr d’avoir une majorité écrasante, depuis que l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, a été contraint de démissionner de son poste pour son refus d’adhérer à la nouvelle coalition politique au pouvoir dénommée : Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).

En Guinée, Alpha Condé, 81 ans, au pouvoir depuis 2010 et qui finit son 2è et dernier mandat en 2020, comme Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, a fini par cracher le morceau, dans une adresse à la Nation le 19 décembre 2019 : ‘’Au regard du caractère fondamental et vu les recommandations exprimées par le Chef du gouvernement, j’ai instruit le ministre de la justice (…) de prendre les dispositions pour élaborer un projet de Constitution dans le sens des recommandations faites par l’ensemble des acteurs ayant pris part aux consultations’’.  Depuis des mois, l’opposition guinéenne bat le pavé pour s’opposer à cette réforme constitutionnelle qui ouvrirait, selon elle, la voie à un 3è, voire un 4è mandat du locataire du palais Sékhoutoureya. Dans ce projet de constitution, en effet, il n’y a plus de limite d’âge pour se présenter à l’élection présidentielle. Ce qui voudrait dire qu’Alpha Condé peut être candidat ‘’s’il le souhaite’’ ou ‘’si tel est la volonté des Guinéens’’. En outre, le mandat du Président de la République passe de cinq, actuellement, à six ans. S’il est candidat et est élu en 2020, Condé pourra encore faire 12 ans pour enfin, une retraite méritée à…93 ans !

Jean Michael