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Jeu, Fév

Politique

Depuis la sortie du Pdci-Rda, parti d’Henri Konan Bédié, du Rhdp, son logo continue d’être confisqué par Alassane Ouattara, président du Rhdp et son parti, malgré sa saisine de la justice ivoirienne.


Guillaume Kigbafory Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, contre qui est lancé un mandat d’arrêt international pour tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire et réfugié en France, a animé, mardi 28 janvier, dans ce pays, une conférence de presse, au cours de laquelle il a déclaré : " si on peut me garantir des conditions claires, je rentre dans mon pays pour affronter la justice." Cette rencontre avec la presse intervient après l’interview que le N°1 ivoirien, Alassane Ouattara, a accordée à la radio britannique BBC, lors de son séjour à Londres dans le cadre du Sommet Royaume-Uni-Afrique sur l’Investissement. Au cours de l’entretien, celui-ci a affirmé que Soro est son fils mais qu’il n’a plus de ses nouvelles. Depuis le 23 décembre dernier, Adou Richard, Procureur de la République, accuse Guillaume Soro et ses proches, en plus de vouloir attenter à l'autorité de l'Etat, des faits de détournement et de blanchiment d'argent portant sur la somme de 1,5 milliards Fcfa. En conséquence, un mandat d’arrêt international est lancé contre l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ses proches dont cinq députés sont jetés en prison, plusieurs jours avant que leur immunité parlementaire ne soit levé par le Bureau de l’Assemblée nationale. Au mépris, estiment les députés de l’opposition, du Règlement de cette Institution et de la Constitution ivoirienne. En réponse à ce mandat d’arrêt international, le député de Ferkessédougou (nord du pays), a porté plainte contre Adou Richard, Procureur de la République de son pays et trois autres en France. Il les soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement des conversations sur lesquelles s'appuie la justice ivoirienne pour le designer comme auteur d'une tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire.

Depuis l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir, à la suite de la crise postélectorale qui a fait officiellement 3000 morts, la justice ivoirienne est régulièrement mise à l’index, accusée d’être le bras séculier du pourvoir en place. Jacques Mangoua, vice-président du Pdci-Rda (opposition) et président du Conseil régional de Gbèkè, incarcéré depuis des mois, sans jugement, pour des ‘’armes de guerre’’, découvertes à proximité de sa résidence et pour laquelle, il a averti les autorités administratives et judiciaires de Bouaké (centre du pays), vient de voir sa demande de mise en liberté provisoire refusée par la Cour d'appel le 28 janvier dernier. Ses avocats plaidaient pour une liberté provisoire, en attendant de juger du fonds de l'affaire. Les jeunes de l’église catholique d’Abidjan, qui projetaient une marche ‘’priante’’, le 15 février, dans la commune du plateau, à Abidjan, ont dû délocaliser leur marche à la cathédrale st Paul de ladite commune, menacés qu’ils sont par des cyber-activistes proches du pouvoir Rhdp (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition au pouvoir). La semaine dernière, la presse locale faisait cas du refus de sortir du pays de Koua Justin, militant bien connu du Front populaire ivoirien (Fpi, parti de l’ex-Président Laurent Gbagbo), par le gouvernement ivoirien. En outre, depuis la sortie du Pdci-Rda, parti d’Henri Konan Bédié du Rhdp, son logo continue d’être confisqué par Alassane Ouattara, président du Rhdp et son parti. La saisine de la justice ivoirienne par le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire, n’a rien donné. C'est donc de cette justice à ‘’plusieurs vitesses’’ dont l’ex-Premier ministre de Ouattara a certainement peur, eu égard à la violence qui s’abat au quotidien sur ses partisans, traqués jusqu’à leur dernier retranchement depuis le 23 décembre 2019.

Jean Michael