27
Jeu, Fév

Amadou Soumahoro, Président de l'Assemblée nationale

Politique

La requête du Groupe parlementaire Rdp  demandant la levée de l’immunité parlementaire des Députés incriminés est recevable, selon le Bureau de l’Assemblée nationale.


le Bureau de l’Assemble nationale, réuni au Palais de l’Assemblée nationale, le lundi 20 janvier 2020 ; Vu la requête de levée d’immunité parlementaire formulée par le Groupe parlementaire Rhdp en date du 14 janvier 2020 ;
Après en avoir délibéré ainsi que l’indique le procès-verbal de la réunion ; Les différents membres du Bureau entendus ;
ARRÊTE
Article 1 :
La requête du Groupe parlementaire Rdp  demandant la levée de l’immunité parlementaire des Députés CAMARA Loukimane, Kando SOUMAHORO, LOBOGNON Agnima Alain Michel, SORO Kanigui Mamadou, SORO Kigbafori Guillaume et YAO Soumaïla, est recevable.
Article 2 :
L’immunité parlementaire des députés ci-dessus cités est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l’Assemblée nationale, conformément à l’article 49 de règlement de l’Assemblée nationale.

Ce communiqué daté du 20 janvier 2020 du Bureau de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, montre le point de non-retour entre Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale et candidat déclaré à la présidentielle de 2020 et son mentor Alassane Ouattara, Président de la République et Président du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et de la paix (Rhdp, coalition au pouvoir). La réaction de l’ex-chef rebelle ne s’est pas fait attendre. ‘’L’histoire nous enseigne que lorsqu’on s’abandonne à autant d’euphorie et d’esbroufe, les désillusions des lendemains n’en sont que plus amères. Gps reprend tes esprits, marche sur le chemin de la victoire’’, lit-on sur son compte Tweeter de ce mardi 21 janvier 2020.  Le 24 décembre 2019, les Groupes parlementaires de l’opposition, Pdci-Rda, Rassemblement et Vox Populi, ont condamné ‘’avec la dernière énergie cette énième violation de l’humilité parlementaire des Députés en Côte d’Ivoire’’. Ces groupes parlementaires ‘’exigent’’ la libération sans condition et l’arrêt immédiat des poursuites engagées contre les Députés détenus et invitent le gouvernement ivoirien au ‘’strict respect des dispositions de l’article 22 de la Constitution du 8 Novembre 2016 en prenant toutes les dispositions utiles pour mettre fin à l’exil du Député Guillaume Kigbafori Soro’’. Ce dernier fait l’objet, depuis le 23 décembre 2019, d’un mandat d’arrêt international pour “tentatives d’attentat à l’autorité de l’Etat, détournement de deniers publics portant sur la somme d’un milliard cinq cent millions Francs Cfa”; Depuis son élection controversée du 07 mars 2019, à la présidence de l’Assemblée nationale, l’ex-Secrétaire général par intérim du Rassemblement des Républicains (Rdr), multiplie les actes de nature à ternir l’image de cette prestigieuse institution ivoirienne.

Lors de son élection à la tête de cette institution, les députés de l’opposition avaient boycotté la cérémonie malgré la présence de tous les membres du gouvernement conduits par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et le Vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan. Ceux-ci avaient déclaré qu’alors même que le Bureau de l’Assemblée nationale avait opté pour un bulletin unique lors du vote, le président par intérim, Diawara Mamadou, avait fait volte-face, la veille du scrutin, après, dit-on, une rencontre au sommet, pour des bulletins multiples. A la mise en place du Bureau de l’Assemblée nationale, le Rhdp, son parti, s’est taillé la part de lion avec 09 vice-présidents sur 11 ; 10 secrétaires sur 12 et deux questeurs sur trois. Seuls deux postes de vice-présidents et 02 secrétaires sont ‘’attribués’’ au Pdci-Rda, parti d’Henri Konan Bédié. Quant aux autres Groupes parlementaires de l’opposition, notamment Vox Populi de la députée de cocody, Yasmina Ouégnin et le Rassemblement, proche de Guillaume Soro, aucun poste ne leur est proposé dans ce Bureau, qui est l’organe directeur de l’Assemblée nationale (Règlement de l’Assemblée nationale). Alors que ‘’le Bureau doit être le reflet de la configuration politique de l’Assemblée nationale’’. En outre, dans un courrier en date du 07 mai 2019, à lui adressé par le Parlement de la Cedeao, l’institution sous régionale lui exprime ses ‘’regrets’’ de ne pas procéder au remplacement des honorables députés ivoiriens, Salé Poli et Touré Yah qui ont respectivement prêté serment le 04 février 2016 et 08 mars 2019, comme demandé par le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, dans un courrier en date du 30 avril 2019. (voir www.cotedivoire-today.net du 09 mai 2019).  Depuis quelques jours, il est question du refus du Nigeria de voir le siège du parlement de la Cedeao être transféré en Côte d’Ivoire. Avec une telle image de cette institution à l’extérieur, ce n’est pas sûr que le pays de l’éléphant ait gain de cause.

Jean Michael