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Mar, Mar

Politique

Quant aux soldats Koné Gaoussou, Dosso Inza, Ouattara Issiaka dit Watao et Coulibaly Adama, ils se sont vus infliger la peine de dix ans d’emprisonnement fermes.


La rumeur qui a envahi depuis plusieurs jours, Abidjan, capitale économique et la Côte d’Ivoire entière, au sujet du colonel Ouattara Issiaka dit Watao, vient d’être confirmée. L’ancienne figure de proue de la rébellion armée amenée par Guillaume Soro en 2002, est décédé aux Etats-Unis où il avait été évacué pour des soins, dans la nuit de dimanche à lundi 06 janvier 2020, des suites d’une dengue doublée d’un diabète. Depuis la guerre ouverte entre Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne ; du fait de son refus d’adhérer au nouveau parti présidentiel, le Rhdp (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix) ; et Alassane Ouattara, Président de la République, c’est presque que tous les jours qu’on apprend le limogeage des proches de Soro. Watao qui a été récemment promu colonel par Alassane Ouattara, avait été déchargé de son poste de responsable de la Garde républicaine. Des rumeurs folles avaient couru sur sa maladie alors que certains affirmaient qu’il a été empoisonné. Jusqu’à ce que le pouvoir décide de l’évacuer au Maroc puis au pays de l’Oncle Sam.

En janvier 2000, Ange Kessi Kouamé, Commissaire du Gouvernement, lance trois mandats d’arrêt contre les caporaux-chefs Oumar Diarrassouba dit Zaga-Zaga, Coulibaly Adama et Abdourhamane Issa ; tous trois précédemment en service à la Force d’intervention rapide des para-commandos (Firpac). Ces mandats d’arrêt s’ajoutent aux trois autres déjà en vigueur depuis le 18 octobre 2000, contre le caporal Ouattara Issiaka dit Watao du Gmmg, le caporal-chef Koné Gaoussou, ancien membre de la sécurité du général Guéi et le sergent Tuo Fozié du Groupement des Sapeurs-pompiers militaires (Gspm). Ces six militaires sont recherchés par le tribunal militaire pour plusieurs crimes : complots, atteinte à la Sûreté de l’Etat, tentative d’assassinat. Seul le sergent Tuo Fozié est poursuivi uniquement dans le cadre de l’attaque de la résidence du Général Guéi dans la nuit du 17 au 18 septembre 2000. Ces militaires avaient été déjà arrêtés et détenus pour certains, à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama) et pour d’autres, au camp militaire d’Akouédo avant de s’évader le 24 octobre 2000. Des primes allant d’un à trois millions (3000 000) Cfa, sont proposées à celui qui ‘’livrerait’’ ces six militaires.

Il est bon de rappeler que dans la nuit du 17 au 18 septembre 2000, la résidence privée du général Robert Guéi, Chef de la junte qui a renversé le Président Henri Konan Bédié, le 24 décembre 1999 ; sis au Plateau, est attaquée par des soldats de sa garde. Deux militaires loyalistes sont tués, quinze autres sont arrêtés. Une dizaine de familles de militaires dénoncent la disparition de leurs proches.  Les numéros 2 et 3 de la junte, les généraux Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly, sont limogés alors que les généraux Palenfo et Doué Mathias, ministre des Sports, conduisaient la délégation ivoirienne à Sydney, aux jeux olympiques. Palenfo et Coulibaly sont accusés d’avoir commandité l’attaque. Leurs domiciles sont perquisitionnés. Ils se réfugient alors à l’Ambassade du Nigéria en Côte d’Ivoire. Le général Guéi demande leur extradition. En vain. Il a fallu attendre le 25 avril 2001, pour entendre encore parler de Watao, surnommé saha bélébélé (gros serpent). Ce jour-là, le tribunal d’Abidjan, statuant par défaut en matière pénale et en exécution de la loi, a acquitté Oumar Diarrassouba dit Zaga-Zaga, Traoré Moudoulaye, Inza Fofana, Fofana Mouhamed Souleymane et Shérif Ousmane. Il a également ordonné la main levée en ce qui concerne les mandats d’arrêt contre eux. Quant aux soldats Koné Gaoussou, Dosso Inza, Ouattara Issiaka dit Watao et Coulibaly Adama, ils se sont vus infliger la peine de dix ans d’emprisonnement fermes. Tuo Fozié lui, est reconnu comme auteur des meurtres des éléments Palé Sansan et Kaé Guy.

Il est condamné à vingt (20) ans d’emprisonnement. On en était là quand des bandes armées ont attaqué, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, simultanément les villes d’Abidjan, de Bouaké et de Korhogo avec pour cibles principales, les casernes des Forces de défense et de sécurité, les domiciles de certains membres du gouvernement et les Institutions de la République. Les affrontements qui en ont résulté ont provoqué la mort de certaines personnalités politiques, militaires et civiles dont Robert Guéi, ex-Chef de la junte et Boga Doudou, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. La suite est connue avec la partition du pays avec une partie occupée par la rébellion armée. D’Accords en désaccords, l’élection présidentielle, organisée sous la houlette de Laurent Gbagbo, en 2010, se solde par une guerre dont les vainqueurs sont le camp d’Alassane Ouattara, aidé par les chefs rebelles de 2002 dont le caporal devenu colonel Ouattara Issiaka dit Watao ; sans oublier l’apport déterminant de la France, la puissance colonisatrice. Le vaincu, Laurent Gbagbo, est trainé devant la Cour pénale internationale (Cpi). Même acquitté par cette Cour, il continue d’être tenu éloigné de son pays ; la Côte d’Ivoire.

Jean Michael