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Ven, Déc

Politique

‘’les Forces de défense et de sécurité veilleront au grain en 2020’’, assène le Président ivoirien.


Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, a coupé court, dans l’interview qu’il a accordée, le 06 août 2019, veille de la fête nationale du pays, à Brou Aka Pascal, journaliste à Rti1 ; la chaine publique ivoirienne ; aux rumeurs sur la modification de la Constitution votée en 2016. Il a affirmé que la Constitution sera modifiée, sans citer les articles concernés par cette modification. Depuis quelques semaines, des rumeurs, relayées par les réseaux sociaux, font état d’une volonté du gouvernement du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, de modifier certains articles ; notamment ceux relatifs à l’éligibilité à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, pour contraindre Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda et ex-allié qui a refusé d’adhérer au Rhdp, (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix), parti unifié, à renoncer à briguer, à 86 ans, un mandat présidentiel. Alors qu’il avait succédé au père fondateur, Félix Houphouët-Boigny, 1er Président du pays, l’ancien Président de l’Assemblée nationale a été victime d’un coup d’Etat le 24 décembre 1999, par une junte militaire conduite par le général Robert Guéi, ex-chef d’Etat-major de l’armée ; à dix mois du scrutin présidentiel. Contraint de vivre en exil, en France, Henri Konan Bédié a été disqualifié et n’a pu se présenter à la présidentielle de 2000, parce qu’il ne vivrait pas en Côte d’Ivoire au moment du dépôt des candidatures.

Alassane Ouattara compte sur son nouveau parti, le Rhdp, parti unifié, ‘’implanté dans toutes les Régions’’, pour faire voter les modifications souhaitées ; comme c’est le cas actuellement pour la Commission électorale indépendante (Cei). Pour le Chef de l’Etat ivoirien, c’est un dossier bouclé, car il a été voté par une ‘’écrasante majorité’’ à l’Assemblée nationale et au Sénat par les élus de son parti dont il soutient qu’il représente les 2/3 des maires et des députés et les ¾ des sénateurs et des présidents des Régions du pays. Le N°1 ivoirien explique que la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de l’Union africaine, qui avait enjoint le gouvernement ivoirien à l’effet d’entreprendre des réformes de la Commission électorale pour la rendre plus équilibrée, a plutôt souhaité une ‘’recomposition’’ de la Cei et non une réforme comme souhaités par l’opposition ‘’significative’’ et la société civile.

Ouattara a donc asséné que la loi sur la Cei sera promulguée dans les tout-prochains jours afin de préparer les élections générales de 2020, car pour lui, ‘’ce n’est pas la Cei qui vote’’. En outre, ‘’on ne peut pas passer tout le temps à discuter’’.
A tous les ‘’fauteurs de trouble’’, Alassane Ouattara prévient : ‘’les Forces de défense et de sécurité veilleront au grain en 2020. Je n’accepterai pas le désordre encore moins les débats qui divisent les Ivoiriens’’.

Jean Michael