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Ven, Aoû

Commission électorale indépendante/L’Union africaine et Alassane Ouattara, pas sur la même longueur d'onde !

Alassane Ouattara et Charlotte Mayuma Laka, Représentant de l’Ua, au sortir d’une audience (photo d’archives)

Politique
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La Cei risque d’être la véritable pomme de discorde entre le gouvernement, la société civile, les partis politiques…et la Communauté internationale.


Parlant de la Commission électorale indépendante (Cei), au sortir d’une audience que lui a accordée Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda,  le 02 avril 2019, Mme Joséphine Charlotte Mayuma Laka, Représentant de l’Ua en Côte d’Ivoire, a déclaré : ‘’la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples avait pris un arrêt à l’endroit de la Côte d’Ivoire demandant qu’on puisse faire la révision de la Cei en la réformant selon les standards internationaux. Les discussions sont en cours entre l’opposition et le gouvernement. Nous encourageons tous les acteurs, toutes les parties prenantes à participer activement à ces négociations qui sont en cours’’.

La Représentante de l’Ua en Côte d’Ivoire rejoint ainsi la position de l’opposition et de la société civile ivoiriennes.
Dans son vœu à la Nation de fin décembre 2018, Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, a appelé à un mouvement citoyen qui devra ‘’œuvrer efficacement pour obtenir du gouvernement actuel, en 2019, une réforme profonde de la Commission électorale indépendante, conformément à l’arrêt rendu en Novembre 2016 par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.’’ Pour lui, l’obtention d’une telle réforme, ‘’de façon consensuelle’’, pourrait d’une part garantir en 2020 ‘’une élection présidentielle juste, transparente et inclusive’’ et d’autre part ‘’faciliter la mise en place d’un gouvernement d’union nationale pour consolider définitivement la paix et la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire’’. 

Cette position rejoint celle d’Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi officiel, parti de l’opposition) ; car c’est depuis le début de l’année 2018, qu’il plaide pour la mise en place d’une Commission électorale ‘’plus équilibrée répondant aux normes internationales conformément aux recommandations de la Cour africaine des Droits de l’Homme que la Côte d’Ivoire a ratifiée’’.
De même une quinzaine d’organisations de la société civile dont Aidh, Wanep Ci, Apdh, Amnesty Inter Ci, Foscao, Cosopci, Midh, Civis-Ci, Cofem   avait fait une déclaration commune pour ‘’exiger’’ une réforme de la Cei et l’installation d’une Commission électorale ‘’inclusive, transparente, et une modification du code électoral’’. Ces responsables de la Société civile avaient fondé leurs propositions sur deux arguments et non des moindres. Il s’agit de ‘’la constitution du 8 novembre 2016, qui intègre de nouvelles institutions dont les modes de désignation des animateurs ne figurent pas dans le code électoral en vigueur et de nouvelles dispositions qui nécessitent d’être pris en compte dans le cadre juridique des élections’’. A cela, il faut ajouter ‘’les insuffisances constatées par les organisations de la société civile lors de leurs missions d’observations dans l’application du code électoral lors des processus électoraux de 2015 et 2016’’.

Pourtant, à l’ouverture de la Session ordinaire de l’Assemblée nationale de l’année, le 1er avril dernier, Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, est resté ferme sur la position jusque-là défendue par son gouvernement, à savoir, un ‘’réexamen de la composition de la Cei’’ ; c’est-à-dire de la cosmétique à la place d’une ‘’profonde réforme’’ attendue par tous. ‘’J’ai instruit le Premier ministre, à l’effet de rencontrer les responsables des Partis politiques et de la Société civile en vue de réexaminer la composition de la Commission Electorale Indépendante, comme je l’avais promis, conformément aux recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
A l’issue de ce dialogue politique entamé début janvier 2019, je déposerai devant votre Institution un projet de loi relatif à la Commission Electorale Indépendante, prenant en compte les propositions qui renforcent la confiance dans cette importante Institution. Il importe donc que vos débats et vos délibérations fassent progresser la démocratie dans notre pays afin de renforcer la confiance des Ivoiriens dans nos Institutions’’, a-t-il promis.

C’est dire que ce qui adviendra de la Cei risque d’être la véritable pomme de discorde entre le gouvernement, la société civile, les partis politiques…et la Communauté internationale.
Voyant ces dissensions venir et comme pour tirer sur la sonnette d’alarme, Mme Mayuma Laka a précisé : ‘’cette mission va aussi se déployer ailleurs auprès des autres acteurs politiques ivoiriens pour pouvoir faire de la paix effectivement un comportement pour qu’il y ait des paroles de paix et éviter des violences verbales qui ne rassurent pas la population. Il faut ramener les acteurs politiques ivoiriens à poser des actes de paix. Ce sont ces recommandations que nous faisons aux acteurs politiques pour que la paix se consolide en Afrique. Nous voulons donc une compétition apaisée », a-t-elle souhaité.
 

Jean Michael