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Sam, Aoû

Election du Président de l’Assemblée nationale/Le Rhdp doute-t-il de sa majorité au Parlement ?

Politique
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N’gouan Jérémie Alfred, candidat du Pdci, proteste contre ce mode opératoire, qui, selon lui, est une violation flagrante de la Constitution de son pays et du secret du scrutin.


Ce qui se trame actuellement à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, à la veille de l’élection du Président de la Représentation nationale, après la démission ‘’forcée’’, de Guillaume Soro, le 08 février dernier, dépasse l’entendement. Alors que l’opposition à Houphouët-Boigny (depuis 1990), puis celle à Henri Konan Bédié, s’est battue de toutes ses forces pour mettre fin aux bulletins multiples, lors des votes, le Rassemblement des Républicains (Rdr), version Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), unifié, se débat comme un beau diable, pour un retour aux bulletins multiples, pour élire le successeur de Guillaume Kigbafory Soro. Pourtant, conformément à la Constitution ivoirienne et au règlement de l’Assemblée nationale, notamment l’article 7 alinéa 1, 2, 3, cette élection a lieu au scrutin uninominal secret, avec des bulletins uniques et à la majorité absolue des députés présents.

Si cette majorité n’est pas acquise au premier tour, un deuxième tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, dans un délai de quinze jours. Dans ce cas, l’élection est acquise à la majorité relative des suffrages exprimés. En cas d’égalité des voix, le plus âgé est élu. Mieux, à la rencontre du Bureau de l’Assemblée nationale du 08 février 2019, tous, se sont accordés sur le choix du bulletin unique pour le vote du 07 mars. Contre toute attente, les députés du Rhdp, parti unifié, font pression, depuis quelques jours, sur Diawara Mamadou, président de l’Assemblée nationale par intérim, pour un mode opératoire remettant en cause le bulletin unique. Pourtant, c’est tous les jours que les militants de ce nouveau parti ; notamment les transfuges du Pdci-Rda dont Kobenan Kouassi Adjoumani, le porte-parole, clament qu’ils ont la majorité partout. A la dernière élection des députés, en effet, le Rdr, devenu depuis peu, Rhdp, parti unifié, avec d’autres micro partis, avait obtenu 129 élus ; 89 pour le Pdci-Rda, Udpci : 9, Nouvelle vision : 9, Agir pour le peuple : 9 et Vox populi : 9 etc.

Le Rhdp, parti unifié, doute-t-il de sa majorité, absolue, alors même qu’elle parle de 167 députés depuis l’annonce de la constitution du groupe parlementaire Rhdp ?
Surtout que l’honorable Fregbo Basile a indiqué, le 5 février 2019, à la presse, avoir ‘’échangé avec les ministres issus du Pdci, Kouassi Adjoumani, Paulin Danho et Amédée Kouakou, assistés du Président du conseil administration de la Lonaci et le Président du conseil d’administration de l’Onep auparavant sur le sujet’’. Il s’agissait de leur annoncer la ‘’bonne nouvelle’’ : ‘’nous sommes exactement 21 députés Pdci-Rda qui allons voter pour Amadou Soumahoro", à en croire le site internet de Fraternité Matin.

Le candidat du Pdci-Rda à cette élection, N’gouan Jérémie Alfred, député d’Aboisso commune, par ailleurs président du Comité interparlementaire (CIP) de l’Uemoa, proteste contre ce mode opératoire, qui, selon lui, est une violation flagrante de la Constitution de son pays et que le secret du scrutin a été piétiné.
pour lui, ce mode opératoire que préconisent ses collègues du Rdr, ‘’viole le caractère non impératif du mandat parlementaire car selon les tenants des bulletins multiples, il s’agit par ledit mode opératoire de permettre au député de rendre compte de son vote à son Groupe’’.

Depuis quelques jours, de nombreuses rumeurs, relayées par les Réseaux sociaux, font état de mirobolantes sommes d’argent qu’on proposerait aux députés pour qu’ils votent Amadou Soumahoro, député de Séguéla sous-préfecture, Bobi et Diarabana communes et sous-préfectures, candidat du Rhdp, parti unifié.
Initialement prévue pour le 8 mars 2019, l’élection du nouveau Président de l’Assemblée nationale aura finalement lieu le 7 mars 2019. Selon la note d’information de l’Institution, ce décalage est dû à la célébration de la Journée internationale de la femme qui aura lieu le 8 mars à Bouaké (centre du pays). La date de dépôt des dossiers de candidature est restée inchangée et s’est déroulée du 1er au 4 mars 2019.

Cette deuxième session extraordinaire de l’année 2019, qui aura un ordre du jour unique ; à savoir l’élection du Président de l’Assemblée nationale, sera rehaussée, selon Diawara Mamadou, par la présence effective des présidents des Institutions et des corps constitués.
Rappelons que le Président représente l’Assemblée nationale dans toutes les cérémonies publiques. Il assure les relations institutionnelles avec les entités nationales et internationales. Il veille au bon fonctionnement des structures et services de l’Assemblée. En sa qualité de chef de l’administration de l’Assemblée nationale, le Président nomme et révoque à tous les emplois de l’Assemblée Nationale. ( source : site de l’Assemblée nationale)

Clémentine Touré