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Mer, Nov

Politique

La découverte des caches d’armes à Bouaké et qui a occasionné l’incarcération de son responsable du protocole, Koné Kamaraté dit Soul to Soul, était, selon Soro Guillaume, ‘’l’occasion rêvée par les ouailles autour de Ouattara, de me clouer au piloris’’.


‘’C’est dans le malheur qu’on reconnait ses vrais amis’’. C’est vraisemblablement l’adage qui guide, à l’heure actuelle, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale démissionnaire, à la demande d’Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, vers le président du Pdci-Rda, Aimé Henri Konan Bédié. Le député de Ferkessédougou a été reçu, samedi, 23 février 2019, avec tous les honneurs, à Daoukro, ville natale de l’ancien Président de la République de Côte d’Ivoire.

Expliquant aux chefs traditionnels, venus nombreux, l’accueillir, et à la population de Daoukro, sa présence dans cette ville, après avoir préalablement rencontré ses parents dans sa circonscription électorale, sa semaine dernière, l’enfant de Koffiplé a révélé les actes forts posés par Henri Konan Bédié à son endroit ; à un moment où il était en proie au doute et où il subissait une adversité de ses alliés que rien n’explique, selon lui. L’un de ces actes qui semble avoir marqué l’ancien secrétaire général de la Fesci, est le consensus fait autour de son nom, en janvier 2017, pour présider l’Assemblée nationale. A en croire Soro, le président du Pdci lui avait signifié qu’il était le choix de son parti. Plus tard, le président Ouattara l’avait informé du choix du président Bédié qui confortait son choix à lui. Résultat : plus de 95% des députés l’ont élu pour présider la Représentation nationale. C’est pourquoi Soro dit avoir suffisamment alerté les uns et les autres du danger que représente la mise en place du Rhdp, parti unifié, en laissant le Pdci au bord du chemin. Au demeurant, c’est encore Henri Konan Bédié, selon Guillaume Soro, qui lui a demandé, après avoir été poussé à la porte par Alassane Ouattara, de venir ‘’se reposer’’ à Daoukro. ‘’On a rendu le tabouret, comme si on a rien fait dans ce pays’’, déplore-t-il.

Autre acte fort de N’zuéba, apprécié par le député de Ferké : la découverte des caches d’armes à Bouaké, qui a défrayé la chronique et occasionné l’incarcération de son responsable du protocole, Koné Kamaraté dit Soul to Soul. ‘’C’était l’occasion rêvée par les ouailles autour de Ouattara, de me clouer au piloris. Certains affirmaient, péremptoire, que j’avais caché ces armes pour faire un coup d’Etat contre Ouattara. D’autres encore déclaraient que j’étais derrière les mutineries qui avaient commencé à Bouaké…’’ et d’ajouter : ‘’la seule personnalité qui, bien que détaché et loin des faits, a dit qu’il ne croit pas que Guillaume Soro puisse cacher des armes pour faire un coup d’Etat, c’est le Président Henri Konan Bédié ; qui s’est d’ailleurs interrogé : pour quel but l’aurait-il fait ?’’. Mieux, soutient Soro, la libération de Soul to Soul figurait en bonne place, au menu de l’entretien que le Président Bédié devait avoir, les jours qui ont suivi, entre le Président Ouattara et lui. A en croire Soro, N’zuéba est allé même plus loin en réitérant sa posture dans deux interviews accordées à Jeune Afrique et à TV5.

Au-delà de ces actes pour lesquels il dit être venu dire merci tout en traduisant sa reconnaissance et sa gratitude au Président du Pdci, Guillaume Soro a informé son ‘’père’’ Bédié qu’il vient de mettre en place, le Comité politique dont il est le président. Ce Comité qui n’est ni un parti politique, ni un mouvement, est un ‘’cadre Sui generis qui permettra de réfléchir sur la Côte d’Ivoire et son avenir’’. Il, est composé, selon lui, de femmes de d’hommes, épris de paix, qui veulent apporter leur contribution à l’épanouissement du citoyen, par la réflexion. ‘’Nous sommes venus présenter le Comité au président Bédié, pour bénéficier de ses conseils et de sa bénédiction’’, a exposé Soro. Ajoutant : ‘’je suis désormais un homme libre qui s’est libéré. Quand quelqu’un laisse, quelqu’un prend’’, lance-t-il provoquant l’hilarité générale, avant d’inviter les Ivoiriens au rassemblement, tout en dénonçant la propension de certains, abonnés au jeu de l’humiliation de l’autre, du mépris, de la méchanceté et de la haine ; toute chose qui ‘’dessert le pays’’.

Clémentine Touré