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Détention de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la Cpi/L’avocate légale des victimes explique les raisons des poursuites dans un seul camp

Politique
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Paolina Massidda a fait savoir que la tenue de l’audience du 1er février consistera à entendre les derniers arguments de l’accusation et de la défense et non à se prononcer sur la libération ou non de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.


Dans une conférence de presse animée à Abidjan, mercredi 23 janvier 2019, à la Maison de la presse, dans la commune du plateau, Mme Paolina Massidda, avocate légale des victimes de la crise postélectorale ivoirienne (2010-2011), a soutenu que les victimes qui souhaitaient que justice leur soit rendue après les souffrances morales ou physiques endurées pendant la crise en Côte d’Ivoire, sont celles qui ont eu recours à la Cpi. Une façon pour elle de battre en brèche la thèse répandue selon laquelle les victimes ont été choisies ou sélectionnées sur une base arbitraire et dans le seul camp du Rassemblement des Républicains (Rdr), du Président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis la chute de Laurent Gbagbo, ex-président ivoirien (2000-2010). Elle a fait savoir que seul le procureur de la Cpi a mené ses investigations et a décidé de cette option.
 ‘’Les juges, après vérification des dossiers des victimes, les ont autorisées à la procédure judiciaire et à participer au procès’’, a-t-elle informé. Puis d’ajouter que ‘’ les hommes et femmes qui estiment avoir subi un préjudice moral ou physique, de façon spontanée, peuvent saisir le greffe de la Cpi à l’effet de se faire entendre ou de témoigner dans un procès, relativement à la procédure judiciaire de la juridiction internationale’’.

La conférencière a également annoncé que 729 victimes ont été autorisées par la Cour pénale internationale à témoigner pendant le procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, leader de la galaxie patriotique sous Gbagbo.  Elle a, en outre, laissé entendre que ‘’les critères du choix des victimes s’établissent dans la norme 85 de procédures et de preuves de la Cpi qui définit qui peut être qualifié de victimes’’.
Pour elle, l’action des victimes n’est pas de prouver la responsabilité des accusés.

Mais plutôt d’aider l’accusation à constituer des éléments de preuves en vue d’établir la culpabilité des prévenus devant la Cour. 
Paolina Massidda a précisé être là en son personnel, pour défendre tous ceux qui ont subi des préjudices morales et physiques pendant les évènements malheureux survenus en Côte d’Ivoire et non pour parler au nom de la Cpi.

Après avoir fait ces clarifications, L’avocate légale des victimes s’est félicitée du maintien de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé dans les liens de la détention à la Haye (Pays Bas), suite à l’appel interjeté par le procureur Fatou Bensouda, après que les juges de la Chambre de première instance I ont décidé de leur acquittement définitif le 15 janvier 2019.  Elle a précisé que les juges qui ont demandé la mise en liberté des détenus, ne l’ont fait que de façon verbale et non à travers une décision écrite motivée. ‘’Cette décision des juges de mettre en liberté MM. Gbagbo et Blé Goudé n’a pas été une décision écrite motivée conformément à la procédure judiciaire. Nous ne comprenons donc pas pourquoi ils ont pris une telle décision. Il y a tout un flou que nous tenons à élucider’’, a précisé l’avocate. Avant d’informer que c’est lorsque la Chambre de première instance I déposera sa décision écrite motivée pour demander la mise en liberté des détenus que l’accusation pourra par la suite, interjeter appel.
Paolina Massidda a fait savoir que la tenue de l’audience du 1er février consistera à entendre les derniers arguments de l’accusation et de la défense et non à se prononcer sur la libération ou non de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.
A la question de savoir si la Chambre d’appel peut casser la décision de la Chambre de Première instance I demandant la relaxe des détenus, elle a répondu : ‘’Cela est prévu par les textes de la Cour. Ce qui veut dire qu’il y a des possibilités de maintenir ou de proroger la détention de MM. Gbagbo et Blé Goudé ’’.

Jean Michael