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Municipales Grand-Bassam/En attendant le verdict/La veillée d’armes

Politique
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Les prochains verdicts de la Chambre administrative de la Cour suprême auront une résonnance particulière pour les bassamois qui attendent comme les apôtres de Jésus, la venue du st Esprit.

©cotedivoire-today.net- Mercredi 28 Novembre 2018 - Après les 1ers verdicts des 14 juges de la Chambre administrative de la Cour Suprême du 23 novembre dernier relativement aux élections locales du 13 octobre et en attendant ceux du vendredi 30 novembre, Grand-Bassam (30 km au sud d’Abidjan), retient son souffle.

Alors que la Commission électorale indépendante (Cei), avait proclamé Moulot Jean Louis, candidat du Rhdp, parti unifié, vainqueur, le camp de Georges Philippe Ezaley, candidat du Pdci-Rda, a battu le pavé, estimant que sa victoire lui a été volée. Le maire sortant a expliqué que tous les 104 Procès-verbaux reçus et signés des représentants des candidats dans les bureaux de vote et réceptionnés à la préfecture, lui donnaient vainqueur de plus de 1000 voix de différence. Mais, a-t-il soutenu, contrairement aux autres communes du pays, la proclamation des résultats ne s’est pas faite sur place mais à la Cei centrale, à Abidjan, qui a ‘’tout simplement inversé les résultats’’.
Selon les partisans de Jean Louis Moulot, ‘’ce ne sont que des paroles de perdant’’, ajoutant qu’ils ont ‘’proprement’’ gagné les élections parce que ‘’les populations ont adhéré à notre projet de développement’’ de la ville historique.

Les manifestations des partisans d’Ezaley ont nécessité l’affluence de nombreux corps habillés qui quadrillent la ville. La tension s’est donc transportée au quartier France, lieu de célébration de l’Abissa, le plus grand rassemblement du peuple Nzima, fin octobre début novembre. Les jeunes du quartier, en colère contre leur Roi, Amon Tanoé Désiré, qui aurait pris fait et cause pour le candidat du Rhdp, incendie une des bâche de la place Abissa. Pour les gardiens de la tradition, c’est une profanation qui fait que l’Abissa ne peut se tenir. Finalement, après moult tractations, ceux-ci décident de faire un rituel pour éloigner le malheur qui pourrait s’abattre sur le peuple du fait de la non célébration de l’Abissa 2018. Dans le cas contraire, il va falloir attendre au moins cinq ans pour cette célébration qui mobilise tous les fils du village.
A quelques jours des 2è verdicts de la Cour (30 novembre), la tension est toujours perceptible dans cette cité balnéaire, classée patrimoine culturel mondial de l'Unesco.

Mercredi, 28 novembre 2018, il est 10h20. Une petite affluence au comptoir du service administratif de la mairie. Là où on établit les extraits de naissance, d’ordinaire grouillant de monde. Un agent de la mairie interrogé sur l’ambiance au niveau des agents depuis la crise liée aux municipales dans cette commune, déclare que la tension est perceptible à la mairie. Certains agents ont soutenu le maire sortant alors que d’autres ont été ‘’très visibles’’ avec l’adversaire de leur patron. Pour le chef de cabinet du maire sortant, Gilbert Kouassi, c’est comme un examen. Quand vous savez que vous avez bien travaillé toute l’année et que vous avez bien préparé votre examen, vous attendez les résultats avec sérénité, ironise-t-il.
Une conseillère municipale, proche du maire Ezaley et qui a requis l’anonymat, déclare : ‘’nous savons que nous avons gagné. Toute la Côte d’Ivoire et le monde entier savent ce qu’il s’est passé. Nous nous remettons à Dieu et à la Cour suprême de notre pays’’.

Les partisans de Jean Louis Moulot, eux, ont repris depuis quelques jours, leurs activités sur Facebook, là où les adeptes de Georges Philippe Ezaley sont étrangement  absents.
Sur la page Facebook de Pascal Goli, responsable de la bibliothèque municipale mais un des animateurs de charme du candidat du Rhdp pendant la campagne, on pouvait y lire, mercredi 28 novembre : ‘’Grand-Bassam, c’est terminé ! Ensemble pour le développement…’’ A un des internautes qui lui demandent la signification de son post, Goli répond : ‘’comme cette fumée blanche du Vatican, annonciatrice de bonnes nouvelles... Salut frère mien !!!’’’

Comme pour dire que son candidat a déjà gagné et qu’il faut maintenant ‘’ensemble’’, penser le développement de la commune. Outre lui, son réseau de communicants est depuis en plus présent sur la toile, mettant en avant, les qualités humaines et professionnelles de leur champion.
C’est sûr, les prochains verdicts de la Chambre administrative de la Cour suprême auront une résonnance particulière pour les bassamois qui attendent comme les apôtres de Jésus, la venue du st Esprit.

Jean Michael