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18
Mar, Déc

Côte d’Ivoire/Politique/Les deux visages du Fpi (parti de Laurent Gbagbo)

Laurent Gbagbo, fondateur du Fpi

Politique
Typographie

Depuis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye, le Front Populaire ivoirien (FPI) connaît un véritable tournant.


C’est un secret de polichinelle : il y a une lutte fratricide entre les °enfants, entre les héritiers de Laurent Gbagbo. D’un côté, il y a ceux que les Ivoiriens appellent les "GOR", c’est-à-dire "Gbagbo ou rien", la ligne dure, conservatrice, tendance Aboudramane Sangaré et celle de Affi N’Guessan, plus flexible, plus ouverte, plus consensuelle et qui veut exister à tout prix.

Les premiers font de la libération de leur mentor, un préalable à tout. Ils le parent de toutes les vertus, en font une figure quasi-sacrée et l’attendent comme le Messie. Le temps semble s’être arrêté pour eux depuis son transfèrement à la Cour Pénale internationale(CPI). Avec son arrestation, le ciel leur est tombé sur la tête au contraire des Gaulois. Comme l’albatros de Baudelaire qui, une fois au sol perd toute sa majesté et se révèle pataud, maladroit, emprunté, désorienté, la tendance Aboudramane Sangaré, est toujours aussi groggy et semble avoir perdu le nord, perdu tous ses repères. Comme incapable de se réveiller, de se réinventer, d’aller de l’avant et de continuer le combat. En dehors de quelques prises de position, de quelques actions, ils ne participent à rien.

Ils ressassent la même chose : le retour de Gbagbo et refusent de prendre part à la vie politique et d’échanger avec ses acteurs qu’ils condamnent et pointent constamment du doigt ; donnant l’impression de se lamenter à propos de tout et de rien. Ils s’arc-boutent sur tout. Refusent malheureusement la politique de la main tendue. Ils sont devenus des adeptes des théories du complot à tort ou à raison. Parfois, malheureusement des fake news. Ces fausses informations dont Donald Trump, le président américain s’est fait le chantre.
Ils rêvent de reprendre le pouvoir mais ne font rien pour y arriver. Cependant, pour éviter de disparaître complètement, éviter de se laisser engloutir et enterrer, ils ont des journaux, des médias, des lobbies pour relayer leur propos. Et combattent, leur ennemi juré : Affi N’Guessan, à fleurets  mouchetés. De temps à autre, ils ruent également dans les brancards, élèvent le ton, tiennent des discours chocs, font quelques actions d’éclat et puis s’en vont.

Pour retomber dans la torpeur, la léthargie, l’apathie la plus totale. Lamartine, le poète français disait : « un être vous manque et tout est dépeuplé ». Alors, ils sont dans l’attente. Le monde pour eux, n’a plus de saveur. Ils se sentent orphelins, évoluent comme dans une secte et ont un langage bien à eux qui tourne continuellement et inlassablement autour du même thème et de la même personne Gbagbo et sa libération. Tout autre acte, toute autre pensée leur semble superflus, inadéquats. Bien qu’ils parlent également de la libération de Charles Blé Goudé, tout leur être est tourné vers la personne du fondateur du parti à la rose. Le retour de celui-ci est devenu au fil du temps, non plus un souhait, mais une obsession, une idée fixe.

Ils vivent cette absence, cette séparation comme une plaie béante, une angoisse perpétuelle, un manque visiblement immense et impossible à combler et oscillent selon les nouvelles entre espoir, euphorie, colère, découragement, doute, ferveur et espoir. Ils sont présents physiquement en Côte d’Ivoire mais vivent sur le plan psychologique à la Haye. Ils font du temps leur principal allié et traînent leur spleen comme un fardeau, une charge.

Puis, il y a l’autre tendance. Celle d’Affi N’Guessan, qui refuse de mourir et qui veut se donner un second souffle. Veut exister avec ou sans Laurent Gbagbo, refuse d’être enterrée et prête à tous les compromis, toutes les concessions, toutes les ouvertures, toutes les alliances pour exister et qui ne fait pas de la libération de Laurent Gbagbo-bien que ce soit aussi leur souhait- un préalable à tout. Un FPI qui veut plus que tout reprendre sa place sur l’échiquier politique national.

Renaître de ses cendres, reprendre son destin en mains, mettre le passé derrière soi, se refaire une santé et avancer. Coûte que coûte. Vaille que vaille ! Pour Affi N’Gueassan et les siens, participer, c’est vivre, c’est refuser d’être enterré dans les tréfonds, les profondeurs abyssales. Pour ce faire, ils refusent l’option de la chaise vide, font entendre leur voix, prennent position, participent au débat et à la vie politique sur le plan national. Ils prennent part aux joutes électorales sans se poser de questions. L’essentiel, redevenir un parti incontournable aussi bien sur le plan national, africain, régional qu’international.

Présidentiable ou pas, populaires ou pas, l’ambition chevillée au corps, Affi N’Guessan et les siens osent. En 2015, candidat aux élections présidentielle et législatives, interlocuteur privilégié du gouvernement qui a fait de lui, le leader de l’opposition ivoirienne. Aujourd’hui en pourparlers avec le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI) de Henri Konan Bédié, en bons termes avec le Rassemblement des Républicains (RDR), Affi N’Guessan ne lâche rien ! Il avance ! Bouscule tous les codes du FPI de l’aile conservatrice qui voit en lui un traître, l’accuse de tous les maux même celui de se réjouir de l’absence et de l’emprisonnement de Laurent Gbagbo. Des passes d’armes dont les deux frères- ennemis sont devenus coutumiers et qui semblent ni le perturber ni le heurter plus que cela, tant son être est tendu vers la reconquête du pouvoir.

Qu’importe les avis des uns et des autres, qu’importe les commentaires, les sentiments de ses frères de l’autre bord, qu’importe que Gbagbo ne l’ai pas encore reçu à la Haye, qu’importe qu’il ne soit pas soutenu par la famille biologique de celui-ci, parce qu’on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs, parce qu’il en a les capacités, le pouvoir grâce à son assise nationale, ces électeurs qui, bien que divisés entre eux restent nombreux. Le FPI d’Affi N’Guessan, est bien décidé à aller jusqu’au bout ! Briller à nouveau, rejouer les premiers rôles. Revenir au sommet.
Mais une situation bien embarrassante pour ceux pour qui l’union est absolument nécessaire pour jouer les premiers rôles en Côte d’Ivoire, face au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, coalition au pouvoir).
 
Chanel DION

Opinion Citoday

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