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Jeu, Juil

Attaques récurrentes contre les postes de police et de gendarmerie/Prélude à une nouvelle ère d’instabilité ?

Politique
Typographie

Les attaques qui ont présentement cours, s’apparentent à une série de tests destinés à jauger le dispositif de sécurité et  la capacité de réaction des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci). En prélude à une opération de plus grande ampleur.


Et une de plus ! L’attaque contre le poste de gendarmerie d’Azaguié (22 Km au nord-est d’Abidjan), dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juillet, constitue le dernier acte, certainement pas l’ultime, des assauts que subit la Côte d’Ivoire depuis, maintenant, au moins un an.

Message sans équivoque
Le déploiement de près de 10. 000 agents des forces de l’ordre dans le cadre des VIIIème Jeux de la francophonie n’a apparemment eu aucun effet dissuasif. Le mercredi 19 juillet, veille de l’ouverture desdits Jeux que le pays accueille avec pour enjeu, de rendre attrayante la destination Côte d’Ivoire après une décennie de crise militaro-politique ; le siège du Centre de coordination des opérations (Ccdo), une unité d’élite de sécurisation, logé dans les locaux de l’académie de police sise à Cocody, a été prise pour cible par des assaillants encagoulés et vêtus de l’uniforme de la police.


Tout un symbole ! Bien plus, un message que devraient s’atteler à décrypter objectivement les nouvelles autorités en charge de la sécurité.
Auparavant, dans la nuit du 14 au 15 juillet, l’attaque de deux camps militaires, à N’dotré au nord d’Abidjan et à Korhogo (dans le nord du pays) s’était soldée par trois morts. Bien avant, les brigades de gendarmerie de Bingerville (à l’est d’Abidjan), dans la nuit du 20 au 21 février 2017, de Guibéroua (27 Km de Gagnoa dans le centre-ouest), dans la nuit du 25 au 26 mars 2017, le commissariat de Daloa (360 Km dans le centre-ouest), dans la nuit du 30 au 31 octobre 2016 avaient reçu la visite de mystérieux visiteurs.
Des cibles de choix qui en disent long sur les motivations des agresseurs.

Humour ivoirien
Pour dédramatiser l’attaque du 19 juillet, le lendemain, les Ivoiriens, avec humour, s’attelaient à tourner la situation en dérision, en affirmant que les salves entendues la veille consacraient l’ouverture effective des Jeux avec l’épreuve des « tirs à la kalach, la spécialité ivoirienne ». Allusion aux mutineries qui ont secoué le pays à maintes reprises cette année. Les 6-7 et 17 janvier, le 7 février, puis du 12 au 15 mai 2017.
Si Sidiki Diakité, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, confiait au journal télévisé de 13h du jeudi 20 juillet, surtout pour rassurer, que les armes emportées par les agresseurs ont toutes été retrouvées ; il n’en demeure pas moins que la météo politico-sécuritaire demeure préoccupante.

Réaménagement gouvernemental
Les deux attaques d’Abidjan et d’Azaguié interviennent immédiatement après le réaménagement gouvernemental du 20 juillet ; marqué par la nomination, avec les pleins pouvoirs, de Hamed Bakayoko, le sécurocrate du régime, au poste de ministre de la Défense. Pour beaucoup, ce réaménagement devrait, entre autre, contribuer à remettre de l’ordre dans le fouillis militaire.
Jusque-là, c’est le président de la République en personne qui détenait ce portefeuille. Son prédécesseur, l’ancien titulaire du maroquin, Alain Richard Donwahi, muté aux Eaux et Forêts, n’occupait que les fonctions de ministre délégué auprès du Chef de l’Etat. 

Alternance, discorde et limogeage 
Cette nomination intervient au moment où, un vent de discorde souffle sur le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), la coalition au pouvoir. Entre le Rassemblement des républicains (Rdr) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda), d’une part, le Rdr et l’ex-rébellion des Forces nouvelles d’autre part. Objet de ces dissensions, la question de l’alternance en 2020.
Plusieurs proches du chef du parlement, Guillaume Soro, ont été priés de remettre leur démission ou remerciés de l’administration, pour avoir affiché trop ouvertement, leur soutien à leur mentor, dans la perspective de la prochaine présidentielle. Pareil pour deux cadres de l’ancien parti au pouvoir, le Pdci-Rda (1960 à 1999), dont le porte-parole adjoint, Jean-Louis Billion, par ailleurs président du Conseil régional de Katiola, dans le nord du pays, a été suspendu de ses fonctions en Conseil des ministres, le mercredi 12 juillet 2017. Pour transhumance politique après avoir été élu, raconte-t-on, sous la bannière des Républicains. Maître d’œuvre de cette décision, Hamed Bakayoko alors ministre de l’Intérieur et de la Sécurité !


A y voir de près, cette suspension n’est pas étrangère à la conférence de presse que l’ex-ministre du Commerce (du 22 Novembre 2012 au 10 Janvier 2017) a animé le 19 juin 2017.  A l’occasion, il s’était fait le chantre de l’alternance au profit de son parti, le Pdci-Rda en 2020.
Autre victime de la guerre de succession qui ne fait que commencer, Emmanuel Namien N’goran, l’Inspecteur général d’Etat (Ige), proche de Henri Konan Bédié a lui été limogé, le 13 juillet 2017. Officiellement, après son échec aux législatives du 18 décembre 2016 !
Sans doute, une mesure de rétorsion, dans la droite ligne des deux entretiens accordés par Henri Konan Bédié, au président de l’Assemblée Nationale, au cours de son séjour parisien, les 03 et 10 juillet 2017.
Une façon pour Abidjan de signifier son désaccord vis-à-vis de la bienveillance du sphinx de Daoukro à l’égard de Soro Guillaume sur qui pèsent de lourdes suspicions de parricide. Surtout, après les velléités d’émancipation bruyamment exprimées par ses partisans lors du lancement du l’Union des Soroïste, le 8 juillet 2017.

Guerre d’usure et poker menteur
Le remplacement de l’Ige par un autre cadre du même parti, Théophile Ahoua N’doli, proche du vice-président de la République ivoirienne, ressemble davantage, dans la partie de poker menteur qui se joue, à une stratégie d’endormissement. Daniel Kablan Duncan passe pour être l’homme de Ouattara. Il se raconte que  c’est sa préférence pour 2020 avec comme colistier Amadou Gon Coulibaly, le premier ministre actuel. Ce, si l’appel de Daoukro du 17 septembre 2016 devait être appliqué.
Dans cette atmosphère empruntée, où il suffit d’une étincelle pour mettre le feu aux poudres ; fidèle à sa ligne de conduite, le Pdci-Rda demande à ses militants de garder le calme. Tout en prenant acte du limogeage de Namien N’Goran, vice-président de ce parti, et en s’étonnant des raisons invoquées pour suspendre Jean Louis Billion, le parti maintien sa constance en ce qui concerne l’alternance 2020. De retour de Paris, où il s’est entretenu avec Henri Konan Bédié, Noel Akossi Bendjo, Secrétaire exécutif adjoint de ce parti, chargé de l’organisation, se faisant l’écho des échanges avec le président du parti, a demandé aux militants de maintenir le cap pour la reconquête du pouvoir.
Sur le registre qu’il entend s’approprier désormais, Guillaume Soro, de retour d’un périple européen, le 20 juillet, plaide pour le pardon et la réconciliation. Mieux, il s’engage à aller demander pardon aux présidents Ouattara, Bédié et Gbagbo. Une posture en trompe l’œil, estime certains ; eu égard aux dernières prises de positions de ses lieutenants prêts à en découdre.

Etranges similitudes
Même si comparaison n’est pas raison, les événements actuels ont des similitudes avec la situation d’avant l’insurrection du 19 septembre 2002.  A l’époque, le climat politique n’était guère reluisant non plus. La mutinerie des « zinzins et bahéfoués » qui débouche sur la rébellion éclate alors que débute à Bouaké, une compétition sportive : le tournoi de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (Ufoa) du 18 au 29 septembre 2002.
Auparavant, en application des résolutions du "Forum pour la réconciliation nationale" du 9 octobre 2001, censé mettre fin aux tensions persistantes nées de la présidentielle d’octobre 2000, un gouvernement d’ouverture avec le Rdr, l’Udpci, le Pdci-Rda, le Pit et le Fpi a vu le jour, le 5 août 2002.
Quatre jours plutôt, dans la nuit du 1er au 2 août 2002, le Dr Balla Kéita, ancien ministre de l’Education Nationale qui a rejoint le général Robert Guéï après le coup d’Etat militaire du 24 décembre 1999 (Il s’était ensuite exilé dans la capitale burkinabé à la chute du président du Comité national de salut public)  est retrouvé mort, poignardé dans sa villa de Ouagadougou.
Le 27 août 2002, l’agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest à Abidjan subit un braquage de diversion. Près de 2 milliards de FCfa sont emportés.

Répétition de l’histoire ?
Des drames précédés par une tentative de putsch avec occupation temporaire des locaux de la Rti, les 7 et 8 janvier 2000, l’attaque du corridor de Ouangolodougou (dans l’extrême nord du pays), le 2 février 2001…
Autant de traumatismes que réveille dans la mémoire collective, l’actualité de ce mois de juillet 2017. Et font dire aux observateurs avertis que les attaques qui ont présentement cours, s’apparentent à une série de tests destinés à jauger le dispositif de sécurité et  la capacité de réaction des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci). En prélude à une opération de plus grande ampleur. L’histoire va-t-elle se répéter aux pays des éléphants ? La question mérite réflexion à la lumière d’une culture de l’alternance marquée au fer rouge du sceau de la violence.
Y.T



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