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Ven, Jan

Issiaka Konaté (Directeur général des Ivoiriens de l’Extérieur)/:‘’La diaspora ivoirienne peut aider le pays à mettre fin à la migration clandestine’’

Politique
Typographie

L’arrivée récente au pays des Ivoiriens migrés en Libye a été le prétexte pour échanger avec le Directeur général des Ivoiriens de l’Etranger sur la migration clandestine qui prend de l’ampleur en Côte d’Ivoire et la situation des Ivoiriens de l’étranger.


151 ivoiriens sont arrivés récemment de Lybie. Pouvez-vous nous faire l’historique de ce retour quand on sait qu’ils vivaient dans des conditions très difficiles ?
Je voudrais d’abord remercier l’Organisation internationale pour la migration(Oim) qui intervient ici au côté du gouvernement ivoirien et l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Libye, son excellence Thiam Mokodou qui gère cette ambassade. Je voudrais leur dire merci de tous les appuis qu’ils ont apportés pour permettre ce retour de tous ces compatriotes dans cette opération d’évacuation humanitaire. Je suis donc particulièrement heureux, qu’ils aient pu revenir, surtout lorsqu’on sait qu’ils étaient en situation d’extrême détresse.


Au moment où la Côte d’Ivoire connait une embellie économique, on constate pourtant qu’elle passe de la 10è à la 4è, d’autres disent à la 1ère, place au niveau des migrants. Comment l’expliquez-vous ?
Je pense que c’est très difficile à expliquer. Mais il y a une première explication qui est la déstabilisation de la Lybie. Lorsqu’elle s’est effondrée, cela a créé une route supplémentaire et une facilité d’accès à la méditerranée, donc, une facilité d’accès aux territoires européens qui n’existait pas ou qui était mieux contrôlée. Lorsque la Lybie fonctionnait correctement, il y avait moins de passage. Autre raison, la recherche de mieux-être. Des personnes pensent qu’en étant dans d’autres pays, elles peuvent avoir beaucoup plus d’argent pour le travail qu’elles font localement. Elles sont donc attirées par cet appât du gain, le désir de repartir à chaque fois vers d’autres territoires et de rechercher des ressources supplémentaires. Je ne crois pas que c’est la solution, mais en tout cas les questions de réseaux mafieux,  d’emplois, de bien-être, sont les raisons fondamentales, selon moi, qui peuvent pousser des personnes à partir. D’autres me parlent d’absence de rêve !

Quelle solution durable ?
La solution durable, c’est le démantèlement des réseaux sans état d’âme. La deuxième solution c’est de diversifier les appuis de l’Etat, de permettre la mise à niveau des centres de formation professionnelle et d’orienter d’avantages les jeunes vers ces centres. Il faut aussi une action concertée au niveau de l’Etat de Côte d’Ivoire en créant un comité interministériel qui va permettre à chaque ministère de faire sa part par rapport à l’action qu’on est censé faire aujourd’hui sur le terrain ; ce, dans le cadre de la sensibilisation mais aussi de la prise en compte des préoccupations qui sont liées à la question migratoire. La question est transversale et la responsabilité est collective. Il ne faut pas s’opposer à la migration, car personne ne peut s’y opposer, ( c’est d’ailleurs inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 13)  mais il faut encourager la migration régulière et décourager la migration irrégulière.


L’un des problèmes des Ivoiriens de l’extérieur est l’accès au logement. Y a-t-il un début de solution aujourd’hui ?
Nous avons tenté dans un premier de temps de trouver une solution durable à la question du logement. Nous avons établi, en rapport avec le ministère de la construction, une liste des promoteurs agréés par l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est avec cette liste de promoteurs, avec ces mêmes promoteurs, que l’Etat a organisé à Paris, un salon de l’immobilier à destination de la diaspora. Pour ceux qui reviennent, certains ont pu résoudre les problèmes de logements, mais toutefois le problème demeure. J’ai proposé tout récemment qu’il y ait une réunion  technique entre le ministère de la construction et nous même afin d’identifier les différents blocages et de mettre définitivement un terme à cette question de logement de la diaspora. Certains ont pu résoudre la question, mais pas tous. C’est une question qui me tient à cœur et pour laquelle le Ministre Ally Coulibaly, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Etranger, a donné des instructions fermes afin que nous suivions ce problème jusqu’au dénouement.


Après le premier forum de la diaspora en Côte d’Ivoire qui a connu un succès avec la mobilisation de nombreux ivoiriens de l’étranger, à quand le deuxième forum et quelle va être sa particularité ?
Le deuxième forum est pour bientôt, dans le mois de mai. Nous avons travaillé sur l’état d’avancement des résolutions du premier forum. Nous avons déjà mis en application plus de 60% des recommandations du premier forum. Par exemple, la question de la représentation politique est résolue à travers la nouvelle Constitution, celle de la participation aux élections, au vote référendaire a été résolue. L’étude sur le fond d’investissement ou le mécanisme d’investissement de la diaspora a été réalisée, l’étude sur le plan de retour de la diaspora a été faite, tout comme celle sur la politique de gestion  des Ivoiriens de l’extérieur. Les textes du Haut-conseil des Ivoiriens de l’extérieur ont été élaborés. Nous avons commencé et intensifié la sensibilisation contre la migration irrégulière, la prise en compte des questions sociales, la pérennisation du Centre des Migrants etc. Dans le mois de mai prochain, nous allons donner un autre rendez-vous à la diaspora pour parler cette fois-ci, de leur retour afin de gérer les difficultés constatées  en ce qui concerne ce retour-là ; sans oublier la question de l’immigration irrégulière, parce que nous pensons que la diaspora peut nous aider à mettre fin à ce phénomène.  Avant ce rendez vous, nous allons aussi convoyer les diasporas ouest africaines et celles du Maroc sur Abidjan, pour une première rencontre avant notre Forum. Après notre forum, nous aurons la conférence avec les bailleurs de fonds pour financer ce qui sortira des travaux.


Qu’est ce qui est fait pour ceux qui veulent rentrer ?
Il y a tout un dispositif que nous sommes en train de mettre  en place. C’est une politique qui prend en compte la question de la douane ; -est-ce qu’il faut aller à une exonération totale des effets  ou une exonération partielle des effets ? - Qu’est-ce qu’il faut au regard de ce qui se fait autour de nous dans les autres pays, quelle décision prendre en ce qui concerne le retour définitif des ivoiriens de l’extérieur ?  Comment être efficace sans tomber dans l’assistanat ? Comment définir un cadre légal pour garantir notre réponse et être au service de tous les Ivoiriens de l’extérieur, sans exception ? On y travaille et je crois que chacun peut reconnaître qu’on n’a jamais autant parlé de diaspora dans notre pays. Mais nous sommes en apprentissage, aux côtés de pays comme le Maroc, tout en gardant notre spécificité.

Et la question de la double nationalité ?
C’est une question qui est beaucoup plus difficile à gérer, mais il y a une gestion qui a été partiellement prise en compte par la nouvelle Constitution. Vous savez que plus de 30 pays africains acceptent la double nationalité ; parmi eux, le Zimbabwe.
Ce que je veux dire sur la question de la double nationalité, c’est de poursuivre avec la politique de gestion des Ivoiriens de l’extérieur. Cette politique doit être inclusive, parler de sa représentation politique, administrative, etc et permettre lorsque la diaspora retourne en Côte d’Ivoire, d’avoir un dispositif à même de répondre à ses attentes, c’est essentiellement la préoccupation de la diaspora.
Je veux aussi proposer que le parlement s’intéresse à la question, de même que la question migratoire, pour  en parler. Les parlementaires doivent nous aider à proposer des solutions inclusives. Je suis personnellement pour la reconnaissance de la double nationalité.

Le dispositif apparemment n’est pas totalement huilé ?
C’est normal !  Notre pays en 57 ans, commence à peine à parler d’intégrer sa diaspora.  Nous étions un pays d’accueil et les Ivoiriens qui sortent de leurs pays, est une expérience récente., relativement récente. Certains automatismes manquent, mais nous sommes sur la bonne voie. Nous sommes à l’école de bons précurseurs comme le Maroc, le Mali et le Sénégal. Nous faisons de la mutualisation.
Pour ceux qui veulent faire les affaires, le dispositif existe à travers le Cepici, et un code d’investissement très attrayant, mais ce que nous disons c’est de mettre en place un mécanisme d’appui à l’investissement de la diaspora. Ce mécanisme n’est pas encore en place parce que nous n’avons pas un fonds fonctionnel qui est disponible pour la diaspora si elle veut investir. Mais s’il s’agit de facilitation à l’investissement. Cette facilitation existe bel et bien au niveau du Cepici qui peut vous expliquer comment créer une entreprise en 48h.  Nous les encourageons fortement à la création d’entreprise, mais ces efforts ont besoin d’être appuyés. Nous y travaillons avec l’Icmpd, et l’Union Européenne.  Le Maroc aussi nous y accompagne et le Sénégal nous a édifié de son exemple.


La question de la diaspora au Maroc semble avoir un problème particulier d’intégration, qu’est ce vous faites dans ce sens ?
Je ne crois pas car il y a des opérations régulières de régularisations de migrants.
Le Maroc  est l’un des pays qui a tenté tant bien que mal, de résoudre beaucoup de problèmes de la diaspora. La deuxième régularisation de sa Majesté le Roi va intervenir bientôt au Maroc et plus de 3000 ivoiriens pourraient y bénéficier. Dans la première opération, beaucoup d’Ivoiriens ont bénéficié de documents pour vivre régulièrement au Maroc. Il y a  aussi de plus en plus d’étudiants ivoiriens qui partent au Maroc. Je pense que ce qu’il faut plutôt faire, c’est de toujours chercher à vivre régulièrement dans les pays que de choisir des moyens détournés pour se retrouver face à des difficultés à l’arrivée.


Vous étiez récemment en France, pour soutenir un processus de recrutement de la diaspora. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous travaillons  avec certaines organisations sur certains projets dont Africa dream, qui est un projet très important qui permet à des recruteurs comme le Bnetd, Alios, Fraternité Matin etc  comme d’autres structures étatiques du pays, d’aller voir des talents de la diaspora et d’en recruter certains. Je souhaite que la diaspora puisse bénéficier des mêmes opportunités. Moi, lorsque je revenais en Côte d’Ivoire, j’ai eu la chance d’avoir un contrat d’embauche, d’avoir eu un retour beaucoup plus facile que ceux qui reviennent et qui n’ont pas de contrat mais qui doivent faire face à la concurrence assez rude sur le terrain. Je n’ai pas eu de problème par ce que j’avais déjà un revenu lorsque je revenais en Côte d’Ivoire. Ce qui est quand même assez intéressant. Je souhaite que les ivoiriens de l’extérieur puissent avoir les mêmes opportunités. Donc je partirai participer à ce salon du logement, ce salon de l’emploi, pour permettre que tout ivoirien, tout talent caché, puisse intervenir et travailler dans un domaine particulier dans son pays et nous aider dans cette émergence que nous voulons tant.


Malgré vos efforts, la contribution de la diaspora est à peine 1% du Pib. Comment l’expliquez-vous ?
Je suis très fier de tout ce que la diaspora a accompli jusque là, mais je pense qu’il faut aller plus loin. Il faut que sa contribution à l’économie nationale s’améliore. Qu’on passe au-delà de l’étape de 1% que vous évoquiez et qu’un jour on dise que la diaspora ivoirienne contribue à hauteur 4 ou 5% du Pib ivoirien, comme la diaspora malienne ou marocaine etc. Cela va dépendre du dispositif que nous allons mettre en place pour résoudre les problèmes ponctuels qu’ils rencontrent ou qui vont se présenter à eux. Mais après, il faut créer un cadre adéquat dans lequel les Ivoiriens de l’extérieur peuvent exprimer mieux leurs talents, qu’ils soient sûr que le pays est véritablement à leur écoute. Je  voudrais leur dire qu’ils sont des ambassadeurs  de la Cote d’Ivoire ou qu’ils sont ou qu’ils se trouvent. Quel que soit donc, l’acte qu’ils posent, cela a des répercussions sur notre pays. Qu’il se comportent de façon digne et responsable.
Je ne permettrai jamais que cette cause soit abandonnée, parce que je crois en la diaspora et je souhaite que tout le dispositif puisse continuer à se mettre en place. Il n’y a pas une semaine qui passe sans que le ministre Ally Coulibaly nous interpelle sur l’évolution de nos chantiers. Nous avons inscrit ces grands projets sur la liste des priorités du ministère.  Le Président de la république y tient absolument et nous allons réussir et gagner ce combat. Je n’ai aucun doute. !

Interview réalisée par SYLVAIN NAMOYA in Fraternité Matin du 03/03/2017

NB : le titre est de cotedivoire-today




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