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Dim, Mar

Benoît Coquelet, administrateur de la plupart des filiales sucrières du groupe dont Sucaf-ci.

Economie

Sans prendre en compte les investissements antérieurs, 35 milliards de fcfa ont été injectés pendant les deux dernières années, sur les 84 milliards de fcfa prévus sur cinq ans, selon Benoît Coquelet.


Dans une interview accordée à Commodafrica.com, le directeur général délégué du groupe agro-alimentaire français Somdiaa, Benoît Coquelet, et également administrateur de la plupart des filiales sucrières du groupe dont Sucaf-ci, a déclaré qu’en Côte d’ivoire, la filière sucre ne demande rien à l’Etat. Cette déclaration fait suite à l’étude sur la rentabilité globale et le niveau de compétitivité des entreprises sucrières ivoiriennes, présentée en conseil des ministres le 29 Janvier 2020. L’étude a révélé que le secteur sucrier ivoirien a des contreperformances, malgré les chiffres d’affaires qui vont crescendo. Elle a aussi fait cas de la baisse de compétitivité au sein du secteur à cause du « faible niveau d'investissements réalisés par les opérateurs de la filière et les coûts de production élevés du sucre en Côte d’Ivoire ».


Benoit Coquelet a expliqué que les producteurs de sucre bénéficient, dans la majorité des grands pays, à l’instar de l’Inde, de subventions. En Côte d’Ivoire, ce n’est pas le cas. Or la subvention permet d’amortir les dépenses liées à la production et allège ainsi le prix de revient qui est diffèrent du cours mondial, « le reflet d'un excédent ou d'un déficit entre l'offre et la demande ». Il a saisi l’occasion pour dévoiler les investissements de Somdiaa dans la filière de production du sucre en Côte d’Ivoire. Sans prendre en compte les investissements antérieurs, 35 milliards de fcfa ont été injectés pendant les deux dernières années, sur les 84 milliards de fcfa prévus sur cinq ans. Cet investissement ne se limite pas seulement à la production de canne à sucre, mais également la réalisation de stations de pompage, des pivots, des aménagements des sols ; sans oublier des reclassements de populations en cas de besoin. Pour cette année, soutient-il, c’est 15 milliards de Fca qui sont prévus.
Benoit Coquelet a rassuré qu’avec les programmes d’investissement entamés, tant aux niveaux agricole qu’industriel, au bout des cinq ans, ‘’le fossé entre la production et la demande du marché sera comblé’’.

                                                                                               Franck TAGOUYA