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Dim, Mar

Economie

Une part croissante des recettes consacrées au paiement des intérêts de la dette, affaiblit la capacité des gouvernements à favoriser la croissance et le développement.

Dans son rapport sur la situation de la dette publique dans huit pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), l’Agence de notation Moody’s, a révélé que la Côte d’Ivoire et le Sénégal se montrent plus performants en termes de gestion financière avec une notation plus élevée qui est assortie d’une perspective stable. Mais leur niveau de la dette extérieure contractée auprès du secteur privé est le plus élevé en pourcentage du PIB, au sein de la Cedeao. Moody’s tire sur la sonnette d’alarme à propos de la dette publique des pays de la Cedeao en général.

L’Agence de notation constate que le poids de leur dette a quasiment doublé aujourd’hui par rapport à 2010 et la probabilité que cette dette diminue est fortement négligeable, selon Lucie Villa, Vice-Présidente – Senior Credit Officer chez Moody’s, co-auteur du rapport. Cette situation inquiète d’autant plus qu’excepté le Nigeria, tous les autres ont bénéficié de l’initiative Pays pauvres très endettés (Ppte), quelques années seulement après l’allégement de la dette. La charge de cette dette a atteint environ 56% du PIB en 2019. Ce qui soulève naturellement des préoccupations quant à la soutenabilité de cette dette, observe Lucie Villa. Dans ce rapport, il est expliqué à titre d’exemple qu’une part croissante des recettes consacrées au paiement des intérêts de ladite dette, affaiblit la capacité des gouvernements à favoriser la croissance et le développement, rapporte financialafrik.
 
Une dynamique d’endettement défavorable et une faible capacité de financement et de gestion de la dette semblent être les pourfendeurs de la soutenabilité de la dette. En cela, une menace pèse sur le Togo, le Ghana et le Nigeria. Quant au Mali et le Niger, ils sont très vulnérables aux chocs qui peuvent facilement alourdir davantage le poids de la dette et détériorer la soutenabilité de cette dette.

Franck TAGOUYA
Sources : financialafrik.com ; intellivoire.net