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Mar, Mar

Economie

L’endettement de la Côte d’Ivoire par le gouvernement Ouattara continue de faire grincer les dents.


Malgré les cris d’orfraie de l’opposition ivoirienne; notamment du Pdci-Rda, dirigé par Henri Konan Bédié, la dette du pays continue de prendre de l’ascenseur.
Le Conseil des ministres du 04 décembre 2019, a adopté un décret portant ratification de la Convention de crédit N° CCI 1665 01 M d’un montant de trente millions (30 000 000) d’Euros, soit dix-neuf milliards six cent soixante-dix-huit millions (19 678 000 000) de francs CFA, conclue le 02 août 2019, entre l’Agence Française de Développement (AFD) et la République de Côte d’Ivoire, en vue de financer l’appui budgétaire pour le secteur Education. Ce financement, note le communiqué de ce Conseil, ‘’permettra d’appuyer le Plan sectoriel de l’éducation du gouvernement afin de renforcer l’accès de tous à une éducation de qualité et de promouvoir les possibilités d’apprentissage de chacun de façon à massifier les qualifications et les compétences nécessaires au développement socio-économique’’.

Deux (02) autres décrets portant ratification d’accords de prêts ont été également signés. Le premier porte ratification de l’Accord de prêt Nº 2000200004603 d’un montant de soixante-quinze millions (75 000 000) d’Euros, soit quarante-neuf milliards cent quatre-vingt-seize millions sept cent soixante-quinze mille (49 196 775 000) francs CFA, conclu le 02 décembre 2019, entre la Banque Africaine de Développement (BAD) et la République de Côte d’Ivoire, en vue du financement du Programme d’Appui aux Réformes Economiques et Sociales (PARES). ‘’Ce financement complémentaire permettra d’accroître l’allocation des ressources publiques en faveur des couches sociales vulnérables afin d’améliorer leur accès aux infrastructures sociales de base et leur inclusion sociale’’. Quant au deuxième décret, il porte ratification de l’Accord de prêt Nº 2100150042193 d’un montant de neuf millions quatre cent mille (9 400 000) Unités de Compte, soit environ sept milliards six cent quarante-huit millions cinquante mille six cent quinze (7 648 050 615) francs CFA, conclu le 02 décembre 2019, entre le Fonds Africain de Développement (FAD) et la République de Côte d’Ivoire, en vue du financement du Projet d’Appui à la Mise en œuvre du Programme de Développement pour une Prestation de Services Inclusive (Pame/Pdsi).

‘’Ce projet vise à renforcer les capacités des structures de pilotage et de suivi-évaluation des programmes de développement ainsi que les capacités des structures statistiques pour le suivi-évaluation du Plan National de Développement (Pnd), en vue d’une croissance économique plus forte et inclusive’’. Ce qui fait environ 80 milliards Cfa que le contribuable ivoirien, englué dans une pauvreté sans nom, devra encore payer les années à venir. Dans un communiqué en date du 28 novembre 2019, relativement à l’adoption du budget-programme du gouvernement à l’Assemblée nationale, le Groupe parlementaire Pdci-Rda (opposition) attirait l’attention des Ivoiriens sur la dette du pays : ‘’Bien que l’encours de la dette publique totale rapportée au PIB nominale soit inférieur à la norme communautaire de critères de convergences, le Groupe Parlementaire Pdci-Rda s’inquiète du rythme d’endettement en devise de notre pays qui pourrait à terme plomber l’évolution de son économie.’’

Lors de la réunion du Bureau politique du Pdci-Rda du 14 Novembre 2019 à Abidjan, Henri Konan Bédié,
Président du Pdci-Rda, avait alerté l’opinion nationale sur l’endettement de la Côte d’Ivoire par le gouvernement Ouattara. ‘’Le stock de cette dette, ramené à 2214 milliards de francs CFA en 2012 après une réduction d’environ 4090 milliards de francs CFA à fin 2012, s’élève à fin décembre 2018 à 11 607,77 milliards de francs CFA, soit un accroissement de plus de 5 fois du stock de 2012 !’’, avait révélé l’ancien Président de la République.
C’est certainement pour ne pas avoir un recours systématique à la dette pour boucler son budget, que, tout comme le Groupe parlementaire Pdci-Rda et les Institutions de Breton Woods, la Cour des comptes avait invité le gouvernement ivoirien à avoir des prévisions budgétaires ‘’plus réalistes’’ ; quand ce n’est pas pour couvrir les déficits budgétaires de ces dernières années.

Clémentine Touré