Sidebar

15
Mar, Oct

Travaux de voirie dans la capitale politique/Les inquiétudes des Yamoussoukrofouè

Economie
Typographie

‘’Mon souhait est que les Ivoiriens m’accordent un second mandat pour que je puisse en profiter pour déménager à Yamoussoukro,’’ déclarait le chef de l’Etat ivoirien en 2013.


Alassane Ouattara, le Président ivoirien, lance, ce 18 septembre 2019, à la place Jean Paul II, les travaux de réfection de 40 km de voirie de Yamoussoukro, (240 km au centre de la Côte d’Ivoire), la capitale politique et administrative du pays. Ville touristique par excellence, Yamoussoukro abrite 166 hôtels pour 4517 chambres ; avec la construction de 60 nouveaux hôtels ces sept (07) dernières années, selon Brou Kouamé, préfet de Yamoussoukro.  La ville natale de Félix Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire (1960-1993), c’est aussi la Basilique Notre Dame de la Paix, visitée annuellement par près de 214 000 touristes et la mosquée de la paix de Dioulakro, une des plus belles du pays. On n’oublie pas ses 12 lacs artificielles et ses rues boisées qui procurent tant de sérénité et de calme aux visiteurs et autres touristes, les week-ends.

Malheureusement, ses larges rues, bitumées au temps du Président Houphouët-Boigny, connaissent une dégradation très avancée du fait d’un manque d’entretien depuis des lustres. Du quartier 227 au 220 logements, du Millionnaire à Morofé, les rues et ruelles de la capitale politique ivoirienne sont un véritable calvaire pour les automobilistes et taxis communaux. Aussi, est-ce avec une certaine joie, que les yamoussoukrofouè (les habitants de Yamoussoukro), accueillent la nouvelle de l’annonce des travaux de réfection des rues, même s’ils évoquent leur regret que le 1er citoyen ivoirien ne soit pas venu s’installer dans leur ville comme promis, lors de la campagne présidentielle de 2010, puis celle de 2015 et qui aurait consacré le transfert effectif de la capitale politique d’Abidjan à Yamoussoukro. Sur  le transfert effectif de la capitale, voici ce qu’Alassane Ouattara disait en 2013, à la conférence de presse qui a sanctionné sa visite d’Etat dans le District de Yamoussoukro : ‘’Nous voulons transférer la capitale à Yamoussoukro. Cependant, il faut le faire dans les conditions optimales. D’abord, nous avons interdit tout ce qui est construction anarchique depuis quelques mois. J’ai demandé au Premier ministre d’entreprendre une révision du plan d’urbanisation de Yamoussoukro pour que nous puissions avoir une séance avec l’ensemble du gouvernement. Et associer l’ensemble des Architectes, notamment les nationaux, au développement de ce plan et en même temps, nous devons organiser le financement.

Ce projet prendra plusieurs années ; le gouvernement décidera de la séquence du transfert des ministères. C’est dire qu’il y a un travail préalable à faire. Je ne voudrais pas prendre d’engagement mais mon souhait est que les Ivoiriens m’accordent un second mandat pour que je puisse en profiter pour déménager à Yamoussoukro.’’
Après donc ce rendez-vous manqué, après deux mandats à la tête du pays, le souhait des yamoussoukrofouè, rencontrés au marché, dans des bureaux, les taxis, les écoles… est qu’enfin, les travaux de voiries soient bien exécutés et soient durables, cette fois, car il s’agit, comme l’indiquait une commerçante du marché Mo Faitai, ‘’quand même de la ville de nanan Houphouët-Boigny’’ !

Clémentine Touré