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Mer, Jui

Reportage/N’gohinou (Région du Moronou): un grenier agricole qui a mal à son développement

Economie
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Malgré les efforts de la Mutuelle du village, le centre de santé, don de l’ambassade du Canada, d’un montant de quatre millions de Fcfa, n’a pas fière allure.

Anciennement appelé N’goyo, N’gohinou, est un village de la sous-préfecture de Tiémélekro dans le département de M’batto, Région du Moronou. Distant d’Agnia de 5 kilomètres et de 14 km de Soungassi du côté de Dimbokro, Il est doté d’une école primaire de 15 classes pour un effectif de plus de 586 élèves. Bénéficiant d’une pluviométrie abondante, ce faubourg est le plus gros village du Moronou peuplé d’environ cinq mille âmes. Riche en productions agricoles, cette banlieue connait un décollage difficile au niveau économique du fait de la mésentente des filles et fils et de son enclavement. L’accès à Ngohinou, un parcours de combattant Ce sont 32 km qui séparent N’gohinou de Dimbokro. Mais y accéder relève d’un parcours de combattant du fait de la route qui est en mauvais état. L’axe Dimbokro-N’gohinou est privilégié vu qu’il vient d’être réhabilité par le Conseil régional du N’zi, dirigé par Koffi N’guessan dit Lataille.

L’évacuation des malades au Chr de Dimbokro qui se faisait sur des tricycles et motos a été résolue avec l’acquisition d’une ambulance. Selon le secrétaire du chef, N’goran Pascal, le village a bénéficié de l’électricité à la faveur de ‘’l’opération araignée’’, dans les années 1997 et de l’extension du lotissement par l’Etat ivoirien par le biais du projet Frar. Mais à ce jour, une grande partie du village se trouve plongée dans l’obscurité suite à l’extension à son extension.

Un village victime de sa situation géographique

A cheval entre la Région du N’zi et celle du Moronou, les habitants se sentent plus proches de Dimbokro où se font la presque totalité des transactions commerciales. L’accès difficile de cette bourgade ne favorise souvent pas le travail des agents vaccinateurs surtout en cas de saison pluvieuse. Selon les chiffres du district sanitaire, N’gohinou est la seule localité dans le département de Bongouanou où le résultat escompté n’est presque jamais pas atteint. Un manque criant d’eau Les quatre pompes villageoises construites en 1999, sont pratiquement hors d’usage. ‘’Toutes nos démarches auprès des structures et autorités compétentes, notamment à la direction de l’office nationale de l’eau potable (Onep), se sont avérées vaines’’, soutient-on. Heureusement que la mutuelle de développement du village (Mudengo), vient de doter le village en cette année 2019, d’une pompe hydraulique améliorée d’une valeur de 2 millions de Fcfa.

Ce qui n’empêche pas les populations d’avoir toujours recours aux puits avec toutes les conséquences sanitaires que cela représente. Pour N’guetta Viviane, chargée de la communication à la Mudengo, il ne faut pas attendre l’aide d’ailleurs alors que les populations sont dans le besoin : ‘’notre objectif aujourd’hui est d’aider nos populations afin qu’elles ne sombrent pas dans la désolation. Il faut agir dans tous les sens pour que le développement du village connaissance un essor et cela passe d’abord par un bien-être de celles-ci » a-t-elle déclaré. Un centre de santé délabré Malgré les efforts de la Mutuelle du village (Mudengo,) le centre de santé, don de l’ambassade du Canada d’un montant de quatre millions de Fcfa, tarde à avoir fière allure.

Vu de l’extérieur, c’est un centre de santé qui apparemment respecte les conditions d’hygiène. Hélas ! Les chauves-souris ont élu domicile dans les plafonds laissant planer une odeur nauséabonde due à leurs déchets. Les populations qui préféraient se rendent à Agnia, à 5 kilomètres du village n’effectuent plus ce déplacement avec la présence d‘un infirmier et d’une sage femme. N’gohinou est riche en production agricoles. On y trouve une diversité de cultures vivrières (ignames, bananes, manioc etc.) et des cultures industrielles telles que le café, le cacao, le palmier à huile...

Mais que de problèmes pour les vaillantes femmes d’évacuer leurs productions sur le marché à Dimbokro ! ‘’C'est vraiment difficile pour nous d’écouler nos produits quand bien même nous sommes regroupées en coopérative. Il faut débourser environ 50 à 60 000 Fcfa, pour un chargement de camion kia et ce n’est pas facile, a-t-elle décrié. Face à toutes ces réalités, la Mutuelle ne baisse pas les bras. Au cours de son Assemblée générale du 7 juin dernier, elle a prôné la cohésion, l’union et la solidarité des filles et fils pour le développement de N’gohinou. Elle s’inscrit également dans les campagnes de sensibilisation contre l’insalubrité et toutes sortes de maladies afin que les populations du village soient en bonne santé pour contribuer à son développement, vœu, de tous.

 

E. ZOUHOMAN