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Conseil national de politique économique/Un organe ‘’d’analyse stratégique et d’intelligence économique’’ pour relever ‘’les défis majeurs’’ de la Côte d’Ivoire

Economie
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L’insuffisance de centres de recherche économique et sociale, publics ou privés performants dans nos Etats, réduit notre capacité d’anticipation, d’analyse stratégique et quelquefois la pertinence de certaines de nos décisions. Le Président ivoirien a procédé, le 13 avril 2018, à la cérémonie de lancement des activités du Conseil national  de politique économique (Cnpe), au Palais de la Présidence de la République.

© cotedivoire-today.net/ – samedi 14 avril 2018 – Mesdames et Messieurs ; 
C’est avec un réel plaisir que je vous retrouve ce matin, à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement des activités du Conseil National de Politique Economique (Cnpe).
Je voudrais saluer chaleureusement tous nos Invités, venus de loin pour certains, pour leur présence à cette importante cérémonie.  
Il s’agit, en effet, d’un moment important pour la gouvernance de notre pays, car pour la toute première fois, un organe d’analyse stratégique et d’intelligence économique est créé au sein de la Présidence de la République.  


Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Vous connaissez ma vision : faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. 
C’est dans ce cadre que nous avons mis en œuvre un premier Plan National de Développement pour la période 2012-2015, d’un coût de 11 000 milliards de F Cfa, qui a constitué le cadre de référence de notre action pour l’Administration, les Partenaires au développement et le Secteur privé. 

L’objectif de ce plan était de bâtir les fondements de l’émergence économique et la réduction substantielle de la pauvreté après la grave crise que notre pays a traversée pendant une dizaine d’années. Dans ce cadre, d’importantes réformes ont été engagées en vue d’améliorer l’attractivité de notre économie. 
Ce premier Plan National de Développement a ensuite été suivi d’un deuxième Plan pour la période 2016-2020, d’un coût de 30 000 milliards de FCfa, avec pour objectif de conduire la Côte d’Ivoire à l’émergence à l’horizon 2020, grâce notamment à une stratégie basée sur la transformation structurelle de notre économie.

Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Ces efforts nous ont permis d’enregistrer une croissance économique moyenne d’environ 9% par an sur la période 2012-2016, l’une des plus fortes au monde. 
Malgré les chocs internes et externes intervenus en 2017 tels que la chute de plus de 40% des cours du cacao, les mouvements au sein de l’armée et les remous sociaux, notre économie s’est révélée être résiliente, robuste et forte, avec un taux de croissance élevé de 7,8% comme indiqué par le Fonds Monétaire International la semaine dernière.

Notre pays s’est ainsi classé 1er au niveau de l’Uemoa et parmi les cinq premiers au niveau mondial en matière de croissance économique. 
Nos Partenaires financiers continuent de nous honorer de leur confiance et de nous soutenir à travers d’importants financements, notamment la signature de l’accord de don du Mcc en novembre 2017 et l’émission de l’Eurobond de 1,7 milliard d’euros en mars 2018, réalisée à des conditions exceptionnelles de taux et de maturité pour notre continent. 

Ces performances sont les résultats de notre ambitieuse politique de développement, de nos réformes courageuses, de notre discipline budgétaire et de notre gestion macroéconomique saine. 
Cela a valu à la Côte d’Ivoire d’être classée comme un pays pré-émergent par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.
 
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Ces résultats économiques sont une réelle source de fierté pour tous nos compatriotes. Toutefois, pour maintenir ces niveaux de performance sur le moyen et long terme, nous devrons être à même de relever les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés. 
Il s’agit notamment de :
˗ notre jeunesse, son éducation, sa formation et son emploi. En 2050, la population de la Côte d’Ivoire atteindra 50 millions d’habitants avec plus de 70% de jeunes de moins de 35 ans ;
˗ du changement climatique et ses effets sur les conditions de vie des citoyens, la migration, l’agriculture, la forêt, l’urbanisation et plus généralement sur l’aménagement de notre territoire ;
˗ l’évolution du contexte mondial avec les défis sécuritaires et les mouvements migratoires ;
˗ la diversification de nos économies et l’amélioration du climat des affaires pour attirer le secteur privé ;
˗ la mobilisation d’importantes ressources financières pour financer notre développement, notamment en infrastructures socio-économiques.  

Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Conscient de son potentiel, notre pays est décidé à prendre son destin en main avec la ferme détermination d’être l’acteur principal de son développement.
Il s’agit donc de décider, dès à présent, des orientations stratégiques à moyen et long terme, pour nous permettre d’être au rendez-vous des défis de demain.

Cependant, l’insuffisance de centres de recherche économique et sociale, publics ou privés performants dans nos Etats, réduit notre capacité d’anticipation, d’analyse stratégique et quelquefois la pertinence de certaines de nos décisions.

La quasi-totalité des études disponibles sont produites par des centres de recherche en dehors de notre sphère géographique.
En effet, les statistiques montrent que sur un total de 7815 Think Tanks au monde en 2017, seuls 8.5% sont implantés en Afrique subsaharienne. 

C'est pour pallier cette situation que le Conseil national de politique économique a été créé au sein de la Présidence de la République. 
Au plus haut niveau décisionnel de l’Etat, en synergie avec l’action gouvernementale, il aura parmi ses objectifs d’identifier et de proposer des solutions aux grands défis économiques nationaux et internationaux, que le pays doit relever en vue d’atteindre son émergence. 

Les meilleures compétences au monde, en particulier ivoiriennes, seront sollicitées pour l'animer et conseiller nos choix stratégiques de politique économique.
Les rapports du Conseil national de politique économique avec le secteur privé seront très étroits et il sera associé à nos travaux.
 
Mesdames, Messieurs,
Chers Compatriotes,
Notre véritable combat est celui du développement de notre pays afin de créer suffisamment d’emplois pour les filles et les fils de notre pays, et améliorer les conditions de vie et le bien-être de nos concitoyens.

Nos efforts devront être tournés vers la conquête des marchés sous régionaux et mondiaux, en surmontant nos divergences internes, en luttant contre nos inerties et les obstacles aux réformes nécessaires pour accroître et renforcer nos avantages comparatifs et notre compétitivité.

Après les performances économiques que nous aurons réalisées ensemble, il nous faut redoubler d’efforts, d’abnégation et de sacrifices pour préparer nos générations futures à combattre à arme égale avec les grandes Nations du monde.  
Ceci permettra alors d’assurer notre marche vers des lendemains meilleurs pour tous. 

Nous en avons le potentiel, nous en avons la capacité, il nous faut maintenant en avoir la volonté politique et sociale collective. 
J’ai confiance pour ma part que les Ivoiriennes et Ivoiriens sauront comme ils ont toujours su le faire, s’armer de courage, de persévérance et de patience pour poursuivre dans l’union et la paix, l’œuvre de nos Pères fondateurs.

Je suis confiant qu’avec le Conseil national de politique économique, présidé par le Vice-Président de la République, nous pourrons atteindre nos objectifs grâce au soutien de tous et, notamment, du secteur privé national. 
C’est sur cette note d’espoir que je souhaite plein succès aux travaux du Conseil national de politique économique. 

Vive la République !
Vive la Côte d’Ivoire ! 
Je vous remercie.