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Mar, Déc

Les libanais en Côte d’Ivoire/Un puissant réseau d’influence mais une intégration apparente

Economie
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La communauté libanaise gagnerait à s’ouvrir à ceux qui leur ont tendu les bras, au moment ils fuyaient la guerre et la famine pour se réfugier et terre ivoirienne.


L’organisation, la semaine dernière, d’un forum économique de la diaspora libanaise en Côte d’Ivoire, a remis, sous les feux de la rampe, cette importante communauté vivant dans ce pays, après que Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire, leur a ouvert les bras.

Dans son édition du 7 février 2018, l’émission ‘’Intelligence économique’’  de la chaine de télévision Business 24, a été consacrée aux libanais du pays de l’Akwaba. Les deux invités : Dr Alexis Koffi Yéboua, expert en intelligence économique et formateur à l’Ecole de commerce  et de gestion (Ecg) d’Abidjan et Sadia Zouzou, expert en intelligence économique, ont, sous les feux des questions du Rédacteur en chef, Sibailly, expliqué le succès et les forces de cette communauté de 55 familles bien structurées. Ils ont, en outre, dépeint leurs défauts et souligné quelques tares qui leur collent à la peau, hélas ! dont ils devraient, selon Sadia Zouzou, s’en départir. Comme la corruption, la double, voire triple comptabilité, la réputation de mauvais payeurs des employés etc.
Selon les experts de cette chaine télé, les libanais qui représentent seulement 4% des 23 millions d’habitants du pays de l’éléphant, ont un chiffre d’affaires estimé à 1600 milliards Cfa. Ils pèsent ‘’officiellement’’ 40% de l’économie ivoirienne et payent 15% des taxes liées aux impôts. A en croire les invités de Business 24, 80% des maisons à Abidjan appartiennent aux libanais (c’est l’exemple du quartier biétry de marcoyr). Ils ont réussi, en outre, à créer 300 000 emplois.

Ils commencent presque toujours, au bas de l’échelle
En se penchant sur ce qui fonde cette prospérité, Sadia Zouzou et Dr Alexis Koffi Yéboua soulignent que la communauté libanaise ivoirienne est très bien organisée. Les musulmans chiites, par exemple, s’organisent autour de leur leader. Tout comme les musulmans sunnites et les chrétiens. En plus, chaque entrepreneur qui commence son affaire, à un mentor qui le suit, presque toute la vie. ‘’Ils commencent presque toujours, au bas de l’échelle et réalisent des économies d’échelle’’, explique-t-on (ils habitent ensemble et partagent les charges). Les libanais, au dire des experts, ne font confiance qu’à leurs fils et à leurs femmes, en matière d’affaires. Pour Dr Yéboua, le mariage étant également l’union de deux patrimoines, on ne peut pas le faire au hasard. Ce qui explique, selon lui, qu’ils se marient entre eux.

Autre point à ne pas négliger : ils ont mis en place des systèmes qui leur permettent de capter l’information, les signaux faibles, de détecter des secteurs où investir et de pouvoir s’adapter à la concurrence. A cela il faut ajouter que pendant la crise postélectorale, pendant que les européens, notamment les Français, fuyaient le pays ou délocalisaient leurs entreprises ou activités, les libanais ont conforté leurs positions. Aujourd’hui, les opérateurs économiques français sont tous regroupés au sud d’Abidjan, non loin des Troupes françaises en Côte d’Ivoire (ex 43è Bima) et de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, comme s’ils n’attendaient que le 1er coup de feu pour abandonner les Ivoiriens à leur sort. Un comportement qui ne déplait pas aux libanais qui ont ainsi recolonisé les quartiers abandonnés par les Français ; ce qui leur permet d’être présents partout.
Ils ont ainsi racheté de puissantes entreprises françaises comme Peyrissac, Bernabé et de faire leur apparition dans divers secteurs d’activités comme le secteur agricole, la distribution, l’agro-industrie, le secteur médical, de la farine (malgré la farouche opposition des grands moulins d’Abidjan), les mines etc.

La percée des Chinois mais aussi les Marocains, un signe d’alerte ?
A tous ces facteurs du succès dans les affaires en Côte d’Ivoire des libanais, les débatteurs de Business 24, notent également qu’ils possèdent un puissant réseau d’influence qui est avant tout la Chambre de commerce et d’industrie libanaise. Selon eux, cette Chambre fait surtout du lobbying et du réseautage. Ils  ajoutent à ce réseau d’influence, l’apport à la communauté de puissants lobbyistes comme Georges Ouégnin, ancien directeur de protocole du Président Houphouët-Boigny, de Pierre Fakhoury, ancien Directeur des grands travaux sous le 1er Président ivoirien, l’architecte qui a conçu et construit la Basilique Notre de la paix de Yamoussoukro, l’Institut national polytechnique de la même ville et plusieurs immeubles à Abidjan ; sans oublier Robert Bourgi qui a beaucoup servi d’intermédiaire entre l’exécutif français et les Présidents africains.
Les invités de Sibailly alertent cependant sur les ‘’dangers’’ qui guettent les libanais, même s’ils ajoutent qu’ils ont tout de même l’avantage d’être présents sur le terrain depuis longtemps. Il s’agit de la percée des Chinois mais aussi des Marocains qui signent leur retour à l’Union africaine (Ua) et font des pieds et des mains pour intégrer la Cedeao, une communauté de plus de 300 millions de consommateurs.

Autres défis à relever, cette tare congénitale qui leur colle à la peau : ils ne se marient et ne vivent qu’entre eux ; ce qui donne l’impression d’une intégration apparente. On leur reproche également de mal payer leurs travailleurs ; surtout les filles de ménage, d’organiser la fraude fiscale et douanière. Certes, ce sont des ‘’brebis galeuses’’, qui existent dans toutes les communautés et qui passent à travers les mailles du filet, cependant la communauté libanaise gagnerait à corriger cette tâche noire, cette image négative, en déclarant par exemple, leurs travailleurs à la Cnps et à s’ouvrir à ceux qui leur ont tendu les bras, au moment ils fuyaient la guerre et la famine pour se réfugier et terre ivoirienne.
En outre, les libanais ayant réussi à créer de grosses industries qui s’internationalisent de plus en plus, Sadia Zouzou suggère que les entreprises libanaises  sortent enfin du communautarisme économique pour ouvrir leur capital à d’autres compétences, comme l’a si bien réussi Cdci (secteur de la distribution).

Jean Michael

Opinion Citoday

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