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Mar, Mar

Culture

"Aujourd’hui je peux dire qu’on n’a ni besoin d’être un grand nom, ni d’avoir un parrain politique encore moins d’être un doyen de la presse ivoirienne pour être Ebony’’, révèle-t-il. Francis Kouamé, à l'état civil, Kouamé Yao Francis, est journaliste à ‘’pôle magazine’’ du Groupe Fraternité Matin. Lire son interview ci-dessous.

Tu semblais surpris par le prix Ebony du meilleur journaliste presse écrite et numérique, à l’annonce de ton nom dans la salle, pourquoi ?
Je ne sais si on peut parler de surprise pour décrire ce que j’ai ressenti ce jour-là. Je dois dire que j’ai entendu beaucoup de choses avant cette soirée. Entre autre, qu’il fallait avoir un ou plusieurs parrains dans le milieu politique pour avoir un prix Ebony, être un grand nom de la presse pour décrocher un prix à ce concours...Autant de rumeurs qui, à priori, me disqualifiaient. Puisque non seulement, j’étais à ma première participation, donc un parfait inconnu et en plus, je n’avais pas de parrain politique., Vous imaginez donc l’émotion que j’ai pu ressentir en entendant mon nom ce 18 janvier dans cette salle de l’hôtel Président à Yamoussokro, devant tout ce monde. Cela dit, vous me donnez l’occasion de saluer et de remercier l’Unjci et son président Jean-Claude Coulibaly, pour cette belle soirée. Aujourd’hui, mon expérience de ce concours me fait dire qu’on n’a ni besoin d’être un grand nom, ni d’avoir un parrain politique encore moins d’être un doyen de la presse ivoirienne pour être Ebony. On peut être un parfait inconnu et remporté un prix Ebony parce qu’on a travaillé à cela. Seul le travail paye. Je voudrais remercier Dieu, qui m’a donné la force et le courage pour réaliser ces productions. Il m’a fallu beaucoup de détermination, parce que j’ai réalisé mes productions à Abidjan, Bouaké, Dakar, Noé et Elubo (Ghana). Je voudrais aussi profiter de cette occasion pour remercier mes patrons à Fraternité Matin, en particulier le Directeur général, Venance Konan, le Directeur des Rédactions, Amédée Assi et le Directeur du pôle magazine, Valentin M’bougueng, où, j’exerce. Sans oublier mes collègues, plus particulièrement Emeline Péhé Amangoua que je salue chaleureusement.


Qu’est ce qui a fait la différence, selon toi, en relisant les productions qui t’ont fait gagner ?
J’ai eu deux prix. Le premier, c’est le prix spécial Bolloré pour la promotion des Transports et le second, le prix Ebony du meilleur journaliste presse écrite et numérique. Pour le premier prix, il s’agit de mon enquête sur la concurrence qui règne à Bouaké entre les taxis communaux, les moto-taxis et les tricycles. Dans cette enquête, même si j’en parle, je ne m’attarde pas sur le caractère illégal des moto-taxis et tricycles. Je montre qu’au-delà du caractère illégal de cette activité, tout le monde y gagne. Grâce à ces nouveaux modes de transport les populations de Bouaké se déplacent plus facilement ; une bonne partie du réseau routier étant dégradée. En plus, c’est un moyen de réinsertion pour des ex-combattants et de reconversion pour des anciens orpailleurs illégaux. La mairie y gagne également puisqu’ils sont soumis à des taxes. Finalement, au lieu d’interdire les motos et tricycles dans le transport de passagers et de bagages, ne faudrait-il pas leur donner un statut légal et mieux les organiser ? Je ne prétends pas avoir la réponse. Mais, on peut mener la réflexion...Quant au second prix, l’Ebony du meilleur journaliste presse écrite et numérique, il concerne l’ensemble des productions que j’ai présentées. J’exerce à “Emergence Economique”, magazine du groupe Fraternité Matin. Ce qui explique que mes sujets sont en rapport avec l’activité économique. Mes sujets ont trait à la fois, aux activités d’Ivoiriens et non-Ivoiriens vivant en Côte d’Ivoire, aux Ivoiriens vivant à l’extérieur, et ceux de la diaspora, revenus investir en Côte d’Ivoire. Ils mettent aussi en évidence, la contribution de certains petits métiers qu’on néglige, mais qui nourrissent des familles…Francis Kouamé


Comment es-tu arrivé dans la presse ? une vocation ou par hasard ?
Je ne crois pas au hasard. C’est en 2011, que j’ai décidé d’entrer dans la presse par le journalisme. J’ai fait mon stage dans un quotidien appelé « Le Démocrate », après avoir soutenu en 2010, le Diplôme d’Etudes Approfondies (D.E.A), sur la place de la musique dans la grille des programmes des radios confessionnelles ; ce, à l’Unité de formation et de recherche (Ufr), Information, Communication et Arts de l’Université de Cocody. J’aurais donc pu faire de la radio, mais mon choix d’exercer dans la presse écrite a quelque chose à voir avec l’admiration que j’avais et que j’ai encore, pour un oncle qui depuis mes années d’écolier, a toujours été un modèle pour moi. Il s’appelle Jean Louis Gbangbo. Aujourd’hui journaliste télé, il exerce à la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti). Mais avant d’être à la télé, il est passé par la presse écrite. Sans qu’il ne le sache, je le lisais souvent. Et je dois dire que son écriture m’a beaucoup influencé. A part lui, je lisais d’autres plumes que je continue de lire encore aujourd’hui. Je veux parler de Venance Konan, Abel Doualy, Michel Koffi, pour ne citer que ceux-là.


Quelles sont les perspectives et ton plus grand souhait ?
En termes de perspectives, je continue de travailler. C’est le travail qui m’a fait gagner ces deux prix. J’ai la conviction que le travail acharné et bien fait ne peut déboucher que sur des perspectives heureuses ; notamment sur d’autres prix prestigieux. Je continue donc de prendre plaisir à exercer ce métier de journaliste. Pour le reste, je laisse le destin s’en charger.

Interview réalisée par Jean Michael