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Mar, Mar

Les chefs traditionnels de Gagnoa (photo d'archives)

Culture

 C'est le Lêlé qui transmet les grands traits de caractère ou encore les facteurs chromosomiques de tout individu. 


Les matriclans ou plus exactement Lêlé existent chez les Bété de Gagnoa. C'est une organisation parentale qui est très répandue dans tous les cantons du département de Gagnoa. La perpétuation de la pratique du Lêlé est un instrument qui contribue au raffermissement des liens entre les lignages et d'une façon générale, à la consolidation de la confraternité entre les communautés.  Et joue à ce titre un rôle important dans la cohésion sociale. Pour preuve, les cantons Zédi dans la sous-préfecture de Yopohué et Zabia dans la sous-préfecture de Gagnoa entretiennent des rapports basés sur le Lêlé. Ni l'un, ni l'autre ne doit en aucun cas faire couler le sang de l'un et vice versa.  Aucun mariage n'est permis entre eux. Ceux du Canton Zabia peuvent aller chez leurs frères de Zédi et emporter tout ce qu'ils veulent : cabris, moutons, poulets etc. sans que quelqu'un ne lève le petit doigt.  C'est pareil pour les Zédi. Les matriclans varient de 6 à 7 parfois 8 groupes, selon les villages.  On distingue les Gatoua, les Litoua, les Têkpêtoua, les Médétoua, les Datoua et les Doutoua. Il est donc clair que chacun des Lêlé regroupe des milliers de personnes. Le nom de ces matriclans est celui des six ancêtres féminins dont la connexion généalogique avec les mères vivantes sont impossibles à établir. 

Il s'agit des figures mythiques sonnant lieu à une grande variété de récits. Le Lêlé, c'est d'appartenir à une grande fratrie. Du point de vue ethno-sociologique, la société Bété est un lignage patrilinéaire à résidence virilocale.  En d'autres termes, tout se fait par rapport au mâle.  Le sens de l'appartenance à une même souche dans cette société Bété est consolidé et perpétué à travers des générations par la référence à un aïeul commun. Les familles se perpétuent par le mariage, les adoptions et les alliances en dépit de sa forte matrilinéarité.  La société Bété accorde un intérêt tout particulier à une parenté matrilinéaire dénommée Lêlé ou Loulou selon sa situation géographique.  Il faut préciser au passage que seule la mère transmet le Lêlé ou Loulou. Et que c'est le Lêlé qui transmet les grands traits de caractère ou encore les facteurs chromosomiques de tout individu.  D'où l'importance de la femme dans la société Bété. Dans la commune de Guibéroua et plus précisément dans le village de Bassi, le pouvoir de soigner et de guérir toutes sortes de fractures des os se transmet à travers la femme.  Ce qui veut dire que si vous êtes un homme issu de cette famille de tradipraticiens et que vous avez un enfant, ce dernier ne sera jamais capable de guérir la moindre fracture d'os. En revanche les enfants issus d'une femme de cette famille de tradipraticiens ; quel que soit le lieu où ils sont, ils peuvent soigner et guérir les fractures et même toutes les fractures.

Gnaba GNABRO