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Ven, Aoû

Congrès avorté de l’Unjci/Sidi Touré veut prendre le taureau par les cornes

Culture
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L’Article 26 du règlement intérieur est un article flou qui comporte des tares dans lesquelles les candidats veulent s’engouffrer.


Pour la 1ère fois depuis sa création, le congrès électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), qui s’est tenu du 20 au 21 juillet 2019, n’a pu aller à son terme avec le renouvellement des instances dont le président de l’Union de l’Union.
Pourtant tout avait bien commencé avec une campagne ‘’civilisée’’ et paisible des trois candidats en lice ; tous issus du bureau sortant : Lance Touré (‘’cohésion, actions, professionnalisme’’), Franck Ettien (‘’Innovons ensemble’’) et Jean Claude Coulibaly (‘’Union de toutes les générations’’). Pour la 1ère fois, les candidats ont eu droit à un face à face sur des plateaux de télévision et face à leurs électeurs à la Maison de la presse (Mpa), au plateau. Chacun, dans son langage qui lui est propre, a pu exposer sa vision et ses stratégies pour une Union plus forte, démocratique avec une gestion plus transparente pour susciter l’adhésion de tous.
Après l’ouverture du congrès à l’auditorium de la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, les présidents des 03 commissions (politique générale, Statuts & règlement intérieur et structure autonome à vocation institutionnelle), ont exposé, le lendemain, sur les modifications qu’ils proposent au congrès. Lesquelles les ont été adoptées par le 10è congrès.

Mais l’attention des futurs congressistes est attirée, quelques jours avant, par Boga Sivori, président du conseil d’administration de la Maison de la presse. Qui ébruite une ‘’confidence’’ à lui faite par Moussa Traoré dit MT, président de l’Unjci. A l’en croire, le président sortant de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire lui aurait confié que sur ordre d’Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre de Côte d’Ivoire, le candidat Jean Claude Coulibaly, ‘’candidat du pouvoir’’, devrait être le prochain locataire de la Mpa. Une sortie qui suscite une réaction de MT qui est loin, selon des observateurs, de mettre un terme aux interprétations nées de cette déclaration ‘’tonitruante’’ du Pca de la Pma.
De plus pendant la campagne, des rumeurs inondent la toile et les rédactions. Elles font état d’une floraison de procurations que détiendrait un des candidats, payées entre 30 et 50 000 Fcfa/procuration aux électeurs. Pire, des cartes Unjci et Cijp (carte professionnelle délivrée par l’Etat ivoirien), exigées pour prendre part au vote, sont retirées par des représentants de candidats, sans procuration. On a abondamment cité le cas des journalistes de la Rti qui auraient été retirées sans la procuration de ces derniers.

En outre, lors de l’adoption des modifications apportées aux textes pendant de la plénière, la question du nombre de procurations autorisées refait surface. Le congrès décide donc que pour les congrès à venir, ceux qui détiennent des procurations puissent voter avec les deux cartes (Unjci et Cijp), physiques, en plus de la procuration du mandant. En revanche, l’utilisation des procurations pour cette élection-ci, divise les candidats.
L’Article 26 du règlement intérieur de l’Unjci, relatif aux procurations stipule pourtant : ‘’le vote par procuration est admis. Toutefois, le mandant doit être à jour de ses cotisations. Tout votant ne peut être porteur que d’une seule procuration.

Un article flou qui comporte des tares dans lesquelles les candidats veulent s’engouffrer. Car il ne dit rien sur la légitimité d'un candidat élu avec une majorité de personnes absentes, donc des suffrages exprimés par procuration, comme le rappelle Sylvain Débailly sur sa page Facebook. Ni sur les modalités du vote par procuration, avec les cartes physiques du mandant ou avec des photocopies de celles-ci. Encore moins sur la procuration obtenue après démarche du candidat lui-même auprès de l'électeur ou d'une procuration obtenue par achat de conscience.
Selon Brou Presthone, président du comité d’organisation du 10è Congrès ; à en croire le site lepointsur.com, les trois candidats avaient été approchés avant le congrès pour plancher sur le mode opératoire du vote, à savoir le nombre de procurations autorisées pendant le vote. Toujours selon le président du comité d’organisation, les trois candidats se sont accordés sur 25 procurations par candidat. Ce qui fait 45 procurations au total. Ce consensus a été confirmé dans le huis-clos de César Etou, président du congrès, avant le vote, mais contre toute attente, il est remis en cause devant les électeurs par le candidat Jean Claude Coulibaly au moment du vote, empêchant ainsi la tenue de l’élection.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, la liste ‘’Union de toutes les générations’’, conduite par Jean Claude Coulibaly précise : ‘’…l’élection de Monsieur César Etou à la présidence de ce 10è congrès a suscité l’espoir des légalistes lorsqu’il a asséné que seule la stricte application des textes de l’Union conduirait les travaux. Il l’a réaffirmé lorsque devait s’ouvrir les opérations de vote en rappelant par la même occasion les dispositions de l’article 26 du Règlement Intérieur. Mais sous la pression des réactions violentes des partisans de la non-utilisation des procurations, il fait volte-face. Les débats devenant alors plus passionnés, il organise plusieurs conciliabules avec les têtes de listes dont la nôtre jusqu’à vouloir finalement soumettre la question de l’utilisation des procurations au vote du congrès. Ce à quoi nous nous sommes opposés, exigeant l’application pure et simple des textes. Nous avons néanmoins suggéré le report des élections du Conseil Exécutif et du Conseil d’Administration ainsi que l’initiation de discussions dans un climat plus serein impliquant toutes les parties prenantes. Que ne fut notre surprise lorsque, malgré cette tension artificiellement entretenue par les partisans de la non-utilisation des procurations, le président du congrès déclinera la proposition’’.

On ne peut pas dire que c’est une très bonne publicité pour les journalistes ivoiriens membres de cette faitière, qui au dire du président sortant, figure en bonne place dans les organisations internationales de journalistes.
Fort heureusement, Sidi Touré, ministre de la Communication et des Médias, veut prendre le taureau par les cornes : ‘’En ce qui nous concerne, nous avons commencé à discuter avec les différents acteurs et incessamment un Comité de sages sera mis en place à l’effet de conduire les discussions pour (lever le blocage sur) les points de divergences, aller à l’essentiel, et très vite’’ ; ce, au sortir du Conseil des ministres du mercredi 24 juillet dernier.

Jean Michael