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Mer, Nov

Culture

Beaucoup d’efforts restent à faire pour qu'en Côte d’Ivoire les journalistes et les professionnels des médias pratiquent librement leur métier.


Après Plus de une heure de marche à travers les rues de la commune de Cocody à Abidjan, ce 3 avril, les journalistes ivoiriens ont, en cette journée mondiale de la Liberté de la presse, exprimé leur ras-le-bol face à la nouvelle loi sur la presse qui est actuellement sur la table des députés.

"C'est une reculade cette nouvelle loi sur la presse, actuellement sur la table des députés" fulmine un confrère pendant la marche.
Une heure de temps après, le confrère Glodé Franklin, porte-parole des associations de journalistes, précise : "nous tenons ici à dénoncer très clairement les dispositions du nouveau projet de loi sur la presse qui préconisent une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans pour des délits commis par voie de presse. Nous le disons le plus clairement du monde. Nous refusons que les journalistes ivoiriens aillent en prison pour des fautes professionnelles. Nous demandons par conséquent le retrait pur et simple de l’article 90 du projet de loi sur le régime juridique de la presse soumis en ce moment aux députés".

Une réalité qui montre qu'Abidjan, les choses ne tournent pas bien pour les journalistes malgré le dernier rapport de Reporter sans frontière (RSF) rendu public mercredi dernier, qui note que: " la Côte d’Ivoire a gagné 5 points en 2017, passant ainsi de la 86ème à la 81ème place. Ce rang est sans nul doute la preuve que des efforts ont été faits", reconnaît Franklin.

Malgré la "libéralisation de l’espace télévisuel avec l’octroi de quatre fréquences à des chaines de télévision privée, des soutiens financiers dont bénéficient chaque année les entreprises de presse de la part du Fonds de soutien et de développement de presse, du paiement effectif des effets financiers des avancements indiciaires des agents de la RTI ne sont que des acquis de la face visible de l’iceberg", soutient-il.

Cependant, beaucoup d’efforts restent à faire pour qu'en Côte d’Ivoire les journalistes et les professionnels des médias pratiquent librement leur métier. A preuve, l’interpellation de six journalistes gardés dans les cellules à la gendarmerie d’Agban du 12 au 14 février 2017 est un amer souvenir.

C'est au regard de tout cela que: " nous tenons ici à dénoncer très clairement les dispositions du nouveau projet de loi sur la presse qui préconisent une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans pour des délits commis par voie de presse".

c’est pourquoi le porte-parole des journalistes interpelle la tutelle : "Monsieur le Ministre, nous le disons le plus clairement du monde. Nous refusons que les journalistes ivoiriens aillent en prison pour des fautes professionnelles. Nous demandons par conséquent le retrait pur et simple de l’article 90 du projet de loi sur le régime juridique de la presse soumis en ce moment aux députés"

Au moment où le secteur des médias est bouleversé par les réseaux sociaux et les médias en ligne ou l'Unesco veut que le journaliste nouveau soit critique et bien documenté, selon son représentant à Abidjan, Yao Ido, les journalistes disent ne pas comprendre que le gouvernement ivoirien tire la presse vers le bas.

En réponse, le directeur de cabinet du ministre de la Communication, de l'économie numérique et de la Poste, Appété Kouassi soutient que : " la libre circulation de l'information est un droit fondamental de l'espèce humaine dans le respect fixé par la loi. Est-ce que les limites posées par la loi sur la presse dans notre pays sont excessives ?... Je suis d'accord avec vous, personne ne doit aller en prison mais la trop grande liberté assassine".

A l'entame, Moussa Toure dit MT, président de l'Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire, Unjci, a souhaité que " la Côte d'Ivoire devienne une référence. Car, dans aucun pays démocratique au monde, on met les journalistes en prison.

Quant au directeur général de la RTI, il a félicité toutes les organisations professionnelles de journalistes pour la grande mobilisation.


Fulbert Bilé