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Mer, Jui

Après cinq semaines de grève dans les établissements scolaires/S'achemine-t-on vers une année blanche ?

Education-formation
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Malgré une rencontre à la Primature, les enseignants du scolaire entendent poursuivre la grève jusqu'au vendredi 15 février2019, où une Assemblée générale est prévue pour savoir la conduite à tenir. 


La Côte d’Ivoire va-t-elle connaitre la 2è année blanche de son histoire au niveau de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur ? La question est de plus en plus évoquée par les acteurs du secteur mais aussi par des partenaires au développement qui apportent leur financement et leur appui au secteur éducation-formation depuis bien d’années.  Cela fait plus de cinq longues semaines que les enseignants du secondaire et ceux du primaire public ont entamé une grève. Leurs revendications tournent autour de l'amélioration des conditions de travail aussi bien pour les enseignants que pour les enseignés ; notamment la question des cours du mercredi au primaire et la double vacation et ses conséquences désastreuses sur la qualité de la formation ; sans oublier la revalorisation de l'indemnité contributive au logement des enseignants du préscolaire, du primaire  et du secondaire. 

Mardi 12 février 2019, les enseignants grévistes de la coordination des syndicats du secteur éducation formation, (Cosefci), ont rencontré, à la primature Karamoko Yayoro, Conseiller spécial du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, en charge du dialogue social. Au terme des échanges, une source syndicale a indiqué que l’émissaire du premier ministre a tenté de rassurer les grévistes que le Chef du gouvernement a ‘’pris acte des revendications des syndicats d'enseignants’’ et  entend ‘’créer un cadre sérieux de discussion afin d'ouvrir les débats dès la semaine prochaine pour la résolution des préoccupations’’. En retour les enseignants disent aussi avoir ‘’pris acte’’ de cette ‘’promesse’’. Mais ils entendent poursuivre la grève jusqu'au vendredi où une Assemblée générale est prévue afin de recueillir l'avis des syndiqués pour ensuite se prononcer sur la conduite à tenir. 
‘’Madame le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle lance un appel solennel à tous les enseignants de reprendre les cours dès le lundi 11 février 2019 à 07 h30’’. Un appel resté sans suite. Pire les enseignants, qui surveillent actuellement les examens blancs (Bepc et Bac) dans les lycées et collèges du pays, ont décidé de bloquer les notes des élèves tant qu’ils n’obtiennent pas satisfaction de leurs revendications.

Face à toutes ces revendications, le gouvernement avait brandi la chicotte, lors du Conseil des ministres du 28 novembre 2018 : ‘’ En dépit de la signature du Protocole d’Accord Portant Trêve Sociale en date du 17 août 2017, le Gouvernement déplore, à peine un an après, une résurgence de grèves ou de menaces de grèves relatives à des revendications syndicales à caractère financier dans les secteurs de la Santé, de l’Education, de l’Agriculture, de l’Administration Territoriale et des Ressources Halieutiques.
C’est le lieu de rappeler que le Gouvernement, dans le souci d’améliorer les conditions de vie des fonctionnaires, a procédé au déblocage des salaires depuis 2014 et a pris la décision de payer à 100% les mesures actées qui étaient partiellement payées depuis 2009.

A ce jour, toutes les évaluations du processus ont relevé et salué les efforts fournis par le Gouvernement relativement au respect de ses engagements estimés à 200,8 milliards  de francs CFA par an. Bien qu’ayant bénéficié de tous ces acquis du Protocole d’Accord Portant Trêve Sociale, notamment, le paiement du stock des arriérés, la bonification indiciaire, certains syndicalistes entendent remettre en cause les clauses de ladite trêve dans laquelle ils se sont engagés de façon claire et sans ambiguïté.

Il convient de souligner qu’au regard des dispositions de la loi N° 92-571 du 11 septembre 1992 fixant les modalités de la grève dans les services publics et des articles 3 et 5 du Protocole d’Accord portant Trêve Sociale signé le 17 août 2017, ces grèves ou préavis de grève sont totalement illégaux.
Devant cette situation, et sans toutefois rompre la voie du dialogue, le Conseil a arrêté les mesures suivantes : 

- le rejet catégorique de toutes les revendications à caractère financier pouvant impacter le budget de l’Etat ;
- l’application des dispositions légales et règlementaires et suspension du bénéfice des acquis de la trêve sociale pour tous les secteurs dont les syndicats d’agents ne respectent pas leurs engagements et qui abusivement lancent des mots d’ordre de grève qui perturbent le bon fonctionnement des Services Publics.
Depuis, les positions se radicalisent, même au supérieur et le pays cours inexorablement vers une année blanche si les différents protagonistes ne mettent pas un peu d’eau dans leurs positions et postures.

Prisca N’guessan